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La TribuneDépêchesArticles

Emmanuel Macron veut soigner les maux de l'économie française

reuters.com

Publié le 15 octobre 2014 à 14:29 - Mis à jour le 16 octobre 2014 à 08:20

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par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, a esquissé mercredi les grandes lignes d'un projet de loi qui doit permettre de lever les "blocages" de l'économie française et doper son potentiel de croissance ébranlé depuis la crise de 2008-2009.

Au cours d'une heure d'exposé devant la presse, celui qui incarne plus que tout autre ministre la ligne "pro-entreprise" assumée par l'exécutif a exprimé sa volonté d'aller vite avec ce texte destiné à combattre les "trois maladies" françaises que sont, à ses yeux, la défiance, la complexité et le corporatisme.

Plusieurs secteurs sont concernés par les dispositions envisagées, qui vont de la libéralisation du transport par autocar, à l'assouplissement de la réglementation du travail dominical en passant par la simplification des conditions d'installation des professions juridiques et médicales.

Emmanuel Macron en est resté toutefois aux grands principes d'un texte qui sera présenté en décembre en conseil des ministres. Il aura alors été complété par d'autres dispositions, notamment sur l'immobilier ou le code du Travail si les négociations qui viennent de débuter sur la modernisation du dialogue social débouchent sur du concret.

Sa présentation a coïncidé avec la transmission par la France à la Commission européenne de son projet de budget 2015 controversé, qui entérine un dérapage des déficits publics par rapport aux engagements pris par Paris.

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Dans ce contexte, beaucoup y voient une démonstration surtout destinée aux Européens pour prouver que, à défaut de maîtriser ses finances, la France est prête à engager des réformes sérieuses pour favoriser croissance et emploi.

Le ministre de l'Economie s'est défendu de tout marchandage avec l'exécutif européen, pour le dissuader de retoquer le budget français avant même qu'il soit voté.

"Il n'y a pas d'échange 'pétrole contre nourriture' avec Bruxelles", a-t-il assuré, "ces réformes, nous les faisons pour nous-mêmes".

INTÉRÊT GÉNÉRAL

"Nous ne prenons pas ces mesures parce que nous devrions plaire à l'un ou l'autre ou parce que ça nous serait dicté de l'extérieur. La situation économique l'impose", a-t-il ajouté.

Dans le même temps, il a souligné que cette capacité à se réformer manifestée par la France "était un argument pour accroître aussi la pression sur nos partenaires" pour les amener à agir pour éviter une "stagnation massive" de la zone euro, notamment en augmentant leurs investissements.

Le "projet de loi pour l'activité et l'égalité des chances économiques" avait été envisagé au départ par Arnaud Montebourg, qui avait annoncé au début de l'été sa volonté de s'attaquer aux professions réglementées pour libérer six milliards d'euros de pouvoir d'achat pour les Français.

A l'inverse de son prédécesseur, qui avait provoqué la colère des notaires, Emmanuel Macron s'est gardé de donner le moindre chiffre même s'il s'est engagé à publier, par transparence, les gains de croissance potentielle qu'il attend de toutes les mesures une fois le texte finalisé.

Il a déclaré en outre vouloir agir sans stigmatiser et en dépassionnant le débat.

"On ne peut pas dire qu'on va restaurer la confiance si on attaque une catégorie de Français", a-t-il dit, même s'il a reconnu que certaines réformes risquaient de "contrarier des intérêts" et qu'un "un bon indicateur sera le degré d'émoi parce que ça veut dire que quelque chose se passe".

Au plus bas dans les sondages, l'exécutif avance cependant en terrain miné, comme l'a montré son enterrement de l'écotaxe la semaine passée face aux menaces de blocage des routiers.

Pharmaciens, dentistes, huissiers et notaires ont déjà manifesté fin septembre contre le projet de réforme de leurs professions et ont annoncé leur volonté de récidiver.

Emmanuel Macron veut croire qu'au bout du compte l'intérêt général l'emportera : "Si nous sommes suffisamment adultes collectivement, personne ne nous donnera de leçon. Dans ce contexte, il faut faire les choses parce qu'elles sont bonnes".

(Edité par Yves Clarisse)

reuters.com

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