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L'affaire Fillon-Jouyet continue à faire des remous

reuters.com

Publié le 11 novembre 2014 à 09:24 - Mis à jour le 12 novembre 2014 à 08:00

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PARIS (Reuters) - L'opposition maintient la pression sur le secrétaire général de l'Elysée dans l'affaire du déjeuner Fillon-Jouyet, qui place l'ex-Premier ministre UMP dans une posture délicate, tandis que Nicolas Sarkozy dénonce une "marée de boue".

Les leaders socialistes ne se précipitent pas pour défendre Jean-Pierre Jouyet, qui fut ministre de l'ancien chef de l'Etat de droite et dont le revirement sur la teneur de sa conversation avec François Fillon donne une impression d'amateurisme.

Tout en se refusant à commenter l'affaire, le Premier ministre Manuel Valls en a appelé au respect de la justice et au "rassemblement" qui doit selon lui "s'imposer" en ce jour du 96e anniversaire de l'Armistice de 1918.

"Il y a des débats qui abaissent le niveau politique. J'en appelle au respect de la justice, des hommes et des Francais", a-t-il dit mardi sur France 2.

Lors d'un repas fin juin, François Fillon aurait demandé à Jean-Pierre Jouyet de "taper vite" sur Nicolas Sarkozy en faisant accélérer les procédures judiciaires à son encontre pour ne pas "le laisser revenir" en politique, écrivent dans un livre les journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme.

Après un démenti, Jean-Pierre Jouyet est revenu sur ses dires, affirmant que François Fillon lui avait effectivement parlé de deux affaires : le dossier Bygmalion, un système présumé de fausses factures pour financer le dépassement du plafond des dépenses de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 et celui du paiement des pénalités liées à l'invalidation de ces comptes.

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François Fillon, qui dément avoir tenu de tels propos et crie au complot, a amorcé une contre-attaque en préparant une plainte en diffamation et en réclamant devant la justice une copie intégrale de l'enregistrement de Jean-Pierre Jouyet effectué par les journalistes du Monde.

Son avocat, Me Jean-Pierre Versini-Campinchi, a précisé mardi que la plainte viserait "au premier chef" le secrétaire général de l'Elysée. "La vérité est inexorable, elle va arriver, on va savoir qui a fait quoi", a-t-il dit sur i>Télé.

Dans le Figaro, Antoine Gosset-Grainville, ancien directeur adjoint de cabinet de François Fillon à Matignon, puis bras droit de Jean-Pierre Jouyet à la Caisse des dépôts, assure que le déjeuner du 24 juin auquel il participait s'est déroulé à l'initiative du secrétaire général de l'Élysée.

"Que vaut la parole du secrétaire général de l'Elysée ? Que vaut la parole de quelqu'un qui dément un démenti ?", a dit pour sa part Jérôme Chartier, un proche de François Fillon pour qui l'accusé est bel et bien Jean-Pierre Jouyet.

"Il doit venir ici, il doit venir s'expliquer, dire à tous les Français si oui ou non François Fillon l'a sollicité pour faire accélérer le calendrier judiciaire de Nicolas Sarkozy", a-t-il dit sur France info.

"IL NE DÉMISSIONNERA PAS"

Tandis qu'Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin, membres avec François Fillon du triumvirat à la tête de l'UMP, sont restés très discrets, Nicolas Sarkozy n'a pas cité le nom de son ex-Premier ministre lors d'un meeting lundi soir à Caen.

Il a choisi en revanche de dénoncer le "mensonge", "pratique quotidienne", selon lui, du pouvoir en place et de restaurer l'unité du parti s'il était élu dans quelques jours à la tête de l'UMP.

"Le pouvoir n'a-t-il vraiment rien d'autre à faire que de donner le sentiment de vouloir instrumentaliser en permanence la justice ?", a lancé l'ancien chef de l'Etat. "Je ne céderai à aucune provocation et j'ai choisi, dans l'intérêt de notre pays, d'ignorer cette marée de boue qu'on voudrait répandre sur la République".

A gauche, le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, accuse l'UMP de vouloir "camoufler une lutte à mort" en son sein pour la présidentielle de 2017 "en jetant la suspicion" sur Jean-Pierre Jouyet.

"La droite fait bloc, insinuant que la gauche instrumentaliserait la justice", ajoute le patron du PS dans un communiqué.

Pour le socialiste Julien Dray, Jean-Pierre Jouyet a fait une "erreur" en livrant plusieurs versions de son déjeuner avec François Fillon mais il ne doit pas pour autant démissionner.

"La démission devient l'alpha et l'oméga de la vie politique", a-t-il déploré sur RTL, niant que l'affaire soit un nouveau coup dur pour François Hollande.

Avant lui, Carlos da Silva, porte-parole du PS et proche du Premier ministre Manuel Valls, avait assuré lundi que le secrétaire général de l'Elysée ne démissionnerait pas.

(Gérard Bon)

reuters.com

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