L'état-major US entrevoit un tournant contre l'Etat islamique
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par Phil Stewart
BAGDAD (Reuters) - Le général Martin Dempsey, chef d'état-major de l'armée américaine, a estimé samedi à Bagdad que le rapport de forces dans le conflit contre l'organisation Etat islamique était en train de se renverser mais a souligné que la campagne durerait probablement des années.
La visite inopinée du président de l'état-major interarmes des forces américaines a coïncidé avec la progression des forces irakiennes armées à Baïdji, entre Bagdad et Mossoul, site de la plus grande raffinerie du pays.
Selon un colonel de l'armée irakienne, le site serait sur le point d'être repris. Les djihadistes de l'Etat islamique, a-t-il dit, se sont retirés du secteur. La raffinerie était assiégée depuis des mois par le groupe islamiste d'Abou Bakr al Baghdadi.
En France, le ministère des Affaires étrangères a dit "suivre avec intérêt les progrès remarquables des forces de sécurité intérieures irakiennes et la reconquête de Baïdji".
La venue du général Dempsey en Irak survient alors que Barack Obama a ordonné il y a une semaine un nouveau renforcement de l'aide américaine aux forces irakiennes et kurdes qui combattent l'Etat islamique.
Quelque 1.500 conseillers militaires américains supplémentaires vont se rendre en Irak, soit un doublement des forces américaines présentes pour aider et former les forces irakiennes. La coalition mise en place par Washington poursuit parallèlement ses frappes aériennes contre des cibles de l'Etat islamique.
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Devant les troupes américaines, Martin Dempsey a déclaré que l'armée américaine avait aidé les forces irakiennes et kurdes à "éloigner l'Irak du précipice".
"Et maintenant, j'ai le sentiment que les choses commencent à changer. Bien joué", a-t-il ajouté.
Il était crucial, a-t-il poursuivi, de montrer que l'Etat islamique n'est pas une force inarrêtable mais plutôt "une bande de nains à l'idéologie radicale".
Mais pour sa première visite en Irak depuis qu'Obama a décidé cet été le retour de conseillers militaires en Irak avant d'ordonner des frappes aériennes, il s'est gardé de verser dans un discours triomphaliste. Interrogé sur la durée de la campagne militaire, il a répondu: "Combien de temps ? Plusieurs années."
Le général, qui s'est rendu au centre opérationnel conjoint mis en place à Bagdad, a également rencontré le général James Terry, commandant de la "task force" chargée de l'opération, ainsi que des membres de l'administration irakienne, dont le Premier ministre Haïdar al Abadi.
Il s'est ensuite rendu à Erbil, la capitale du Kurdistan irakien.
(Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre André pour le service français)
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