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David Cameron veut durcir sa politique d'immigration européenne

reuters.com

Publié le 28 novembre 2014 à 13:01 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 13:24

David Cameron veut durcir sa politique d'immigration européenne

David Cameron veut durcir sa politique d'immigration européenne

reuters.com

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04 juin 2026

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par Kylie MacLellan et Andrew Osborn

ROCHESTER, Angleterre (Reuters) - Le Premier ministre britannique David Cameron, débordé sur sa droite par l'ascension de l'UKIP à six mois des élections, a présenté vendredi ses projets en vue de réduire l'immigration dans son pays, en limitant notamment l'accès aux prestations sociales pour les immigrants venus des Etats membres de l'UE.

Si Bruxelles s'oppose à cette politique, qui nécessitera une modification du traité européen, il a laissé entendre qu'il pourrait appuyer une sortie du Royaume-Uni de l'Union, tout en se disant convaincu de ne pas avoir à en arriver là.

"Je négocierai une baisse de l'immigration européenne (au Royaume-Uni) et je ferai de la réforme des avantages sociaux une condition absolue de cette renégociation", a dit le Premier ministre à Rochester, dans le sud-est de l'Angleterre.

"Si je réussis dans la négociation que je vais entreprendre, je ferai campagne, comme je l'ai dit, pour le maintien de notre pays au sein d'une Union européenne réformée. (Mais) si nos préoccupations ne sont pas entendues et que nous ne pouvons pas rééquilibrer nos relations avec l'UE, alors, évidemment, je n'exclus rien", a-t-il ajouté.

"Nos préoccupations ne sont ni farfelues ni déraisonnables", a-t-il poursuivi.

"Nous méritons d'être entendus et nous devons l'être. Non seulement pour le bien de la Grande-Bretagne mais aussi pour celui du reste de l'Europe. Parce que ce qui se passe en Grande-Bretagne n'est pas unique. A travers l'Europe, les questions liées à l'immigration suscitent de réelles inquiétudes."

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Par ce discours, David Cameron cherche à donner un nouveau souffle à la campagne en vue de sa réélection en mai prochain.

Concrètement, il a notamment proposé que les immigrés européens qui travaillent au Royaume-Uni attendent quatre ans avant d'avoir accès aux prestations sociales et que ceux qui n'ont pas d'emploi n'aient droit à rien.

DISCUTER "SANS DRAME"

A Bruxelles, un porte-parole de la Commission européenne a déclaré que les propositions de David Cameron seraient discutées "sans drame".

"Ce sont les idées du Royaume-Uni et elles s'inscrivent dans le débat. Elles devront être discutées sans drame, calmement et avec soin. Il revient aux Parlements nationaux de lutter contre les abus des systèmes (des avantages sociaux) et la législation de l'Union européenne l'autorise", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Le Premier ministre conservateur britannique est pressé par son parti d'adopter une ligne dure sur cette question de l'immigration - que les sondages placent désormais au premier rang des préoccupations des électeurs - afin de réduire la popularité de l'UKIP (Parti de l'indépendance du Royaume-Uni), qui prône une sortie de l'Union européenne et un durcissement de la politique d'immigration.

David Cameron a déjà fait savoir qu'il envisageait de limiter le nombre de ressortissants de pays de l'Union européenne autorisés à travailler en Grande-Bretagne, qui a augmenté ces dernières années.

Ses propos ne devraient pas manquer d'irriter certains de ses partenaires européens comme la Pologne, qui laisse entendre que ces mesures pourraient être discriminatoires.

Cameron a d'ailleurs téléphoné à la chef du gouvernement polonais, Ewa Kopacz, pour la rassurer et lui affirmer que les travailleurs polonais ne seraient pas victimes de discrimination en Grande-Bretagne.

"Nous n'avons rien contre une contraction des avantages sociaux à condition que cela se fasse en accord avec les règlements européens", a dit le porte-parole du ministère polonais des Affaires étrangères, Marcin Wojciechowski.

LIBERTÉ DE CIRCULATION

En cas de réélection en mai 2015, David Cameron promet de renégocier les termes de l'appartenance de la Grande-Bretagne puis d'organiser un référendum sur le sujet en 2017.

Si elles étaient appliquées, les mesures préconisées par David Cameron affecteraient plus de 400.000 immigrés européens, la plupart employés à des postes peu qualifiés et peu rémunérés.

Les versements de prestations sociales aux enfants de ces immigrés vivant à l'étranger seraient supprimés et les immigrés sans travail seraient expulsés au bout de six mois de recherche d'emploi infructueuse.

Les ressortissants des Etats membres seraient également privés d'accès au marché du travail britannique jusqu'à ce que leurs économies se rapprochent de celle du Royaume-Uni.

En vertu de la liberté de circulation, tout ressortissant de l'UE a le droit de travailler dans les autres pays du bloc et plusieurs centaines de milliers d'immigrés, venant souvent des pays de l'Est comme la Pologne, la Bulgarie ou la Roumanie, viennent ainsi travailler en Grande-Bretagne, dont l'économie affiche la plus forte croissance de l'UE.

Selon les modalités de leur adhésion en 2007, Sofia et Bucarest bénéficient depuis le 1er janvier 2014 de la levée de toutes les restrictions imposées à leurs travailleurs dans l'UE, après sept années de transition.

D'après des chiffres publiés jeudi, 228.000 ressortissants de l'UE ont immigré au Royaume-Uni au cours de l'année qui s'est achevée en juin dernier - soit le plus haut chiffre jamais enregistré.

(Avec Wiktor Szary à Varsovie et Angel Krasimirov à Sofia, Alastair Macdonald à Bruxelles; Jean-Stéphane Brosse, Eric Faye et Guy Kerivel pour le service français)

reuters.com

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