Accrochages à Hong Kong, le siège de l'exécutif fermé
reuters.com

Heurts à Hong Kong, le siège de l'exécutif contraint à fermer
reuters.com
reuters.com

Heurts à Hong Kong, le siège de l'exécutif contraint à fermer
reuters.com
par Clare Baldwin
HONG KONG (Reuters) - Le siège du gouvernement hongkongais a dû fermer brièvement lundi sous la pression des militants démocrates, après une nuit de violents affrontements avec les forces de police.
Les manifestants ont investi dans la matinée le quartier de l'Amirauté, où se trouve le bâtiment qu'ils ont entrepris d'encercler malgré les mises en garde de la police.
Outre le siège de l'exécutif de la "région administrative spéciale", le bâtiment du Conseil législatif et des dizaines de boutiques sont restés fermés lundi matin.
Dans la nuit, les forces anti-émeutes avaient chargé à plusieurs reprises et ont procédé à une quarantaine d'interpellations. Des dizaines de volontaires ont pris en charge les nombreux blessés.
La police, qui a été accusée de recours excessif à la force, est intervenue à coups de matraques et de gaz au poivre. Les manifestants ont de leur côté lancé des bouteilles, des casques et même des parapluies, devenus au fil des manifestations le symbole du mouvement démocrate.
S'exprimant lundi soir devant les manifestants rassemblés au coeur du quartier d'Admiralty, le leader étudiant Joshua Wong a annoncé que lui et deux camarades, dont un lycéen, allaient entamer une grève de la faim afin de faire pression sur les autorités chinoises.
"Nous avons décidé cela aujourd'hui parce que nous estimons qu'il n'y a pas d'autre voie", a déclaré Wong, 18 ans, dont les propos ont été salués par les applaudissements et les chants de plusieurs centaines de manifestants présents malgré la pluie.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Avant cette annonce, de nouveaux incidents avaient émaillé la matinée.
"UN ÉCHEC COMPLET"
"Certains ont pris la tolérance de la police pour de la faiblesse. J'appelle les étudiants qui se préparent à revenir ce (lundi) soir sur les sites d'occupation à ne pas le faire", a déclaré Leung Chun-ying, actuel chef de l'exécutif local, sans préciser si les forces de l'ordre allaient faire évacuer les campements des manifestants.
Mobilisés depuis plus de deux mois, ces derniers réclament un scrutin authentiquement libre et ouvert en 2017 pour l'élection du chef de l'exécutif et s'opposent à ce que Pékin sélectionne les candidats. Ce lundi, l'objectif était de paralyser l'administration.
"C'est un échec complet dans la mesure où, même dans les lieux qui ont été occupés, (les manifestants) ont été dispersés immédiatement par la police", a déploré Alex Chow, vice-président de la Fédération des étudiants de Hong Kong.
Des heurts ont également éclaté dans le quartier de Mong Kok, de l'autre côté de Victoria Harbour, alors que le mouvement de désobéissance civile entamé il y a deux mois semblait à bout de souffle.
Selon le ministre hongkongais des Finances, John Tsang, la contestation ternit l'image de l'ancienne colonie britannique à l'étranger et pèse sur la confiance des investisseurs comme sur la croissance qui pourrait ne pas atteindre les 2,2% prévus cette année.
Les ventes de détail, dont les statistiques ont été publiées lundi, ont reculé en octobre de 8,8% dans l'habillement et de 11,6% dans la joaillerie et l'horlogerie.
(avec James Pomfret et Diana Chan; Eric Faye, Tangi Salaün, Henri-Pierre André et Jean-Philippe Lefief pour le service français)
reuters.com