Le pape appelle les dirigeants musulmans à dénoncer le terrorisme
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A BORD DE L'AVION PAPAL (Reuters) - Le pape François a affirmé que résumer l'islam aux violences commises par les djihadistes constituait une erreur et a appelé les dirigeants musulmans du monde entier à condamner le terrorisme afin de lever toute ambiguïté.
Dans l'avion qui le ramenait dimanche d'une visite de trois jours en Turquie, le souverain pontife a expliqué comprendre pourquoi les musulmans pouvaient se sentir offensés par ceux qui en Occident résumaient leur religion au terrorisme.
Cette déclaration du pape François contraste avec la position adoptée par son prédécesseur Benoît XVI qui avait provoqué une vague d'indignation en 2006 en suggérant que de nombreux musulmans considéraient que l'islam épousait la cause de la violence.
Benoît XVI s'était ensuite excusé et avait déclaré que ses propos, tenus dans un discours, avaient été mal compris.
Le pape François, qui tente de renforcer la coopération de l'Eglise catholique avec les modérés musulmans afin de protéger les chrétiens vivant au Moyen-Orient, a jugé qu'il ne fallait par réagir au terrorisme en stigmatisant l'islam.
"Vous ne pouvez pas dire cela, tout comme on ne peut pas dire que tous les chrétiens sont des fondamentalistes. Nous en avons un certain nombre. Toutes les religions ont ce genre de petits groupes", a dit François. "Ils (les musulmans) disent : non, nous ne sommes pas comme ça. Le Coran est livre de paix, c'est un livre prophétique de paix", a-t-il poursuivi.
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Le Saint-Père a précisé qu'il avait suggéré au président turc, Recep Tayyip Erdogan, lors de leurs entretiens vendredi, une condamnation globale du terrorisme par les dirigeants musulmans.
"J'ai dit au président qu'il serait beau de voir tous les dirigeants islamiques, qu'ils soient politiques, religieux ou universitaires, s'exprimer clairement et condamner cela parce que cela aiderait la majorité du peuple musulman", a-t-il ajouté.
Lors de sa visite de trois jours, le pape a condamné à plusieurs reprises l'Etat islamique, rappelant que certains chrétiens du Moyen-Orient étaient contraints de tout abandonner. "Ils (les djihadistes) nous chassent du Moyen-Orient", a-t-il jugé.
Au cours d'un service religieux avec le Patriarche oecuménique Bartholomée, primat de l'Église orthodoxe de Constantinople, dimanche, François a estimé que les islamistes commettaient "un très grave péché contre Dieu" en Syrie et en Irak.
Le chef de l'Eglise catholique a appelé au dialogue entre les religions et à la lutte contre la pauvreté pour mettre fin aux violences en Syrie et en Irak où l'Etat islamique (EI) a déclaré un "califat".
(Philip Pullella, Pierre Sérisier pour le service français)
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