Appel de l'Ouganda à un retrait des pays africains de la CPI
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NAIROBI (Reuters) - Le président ougandais, Yoweri Museveni, a appelé vendredi les pays africains à dénoncer le traité établissant la Cour pénale internationale (CPI) en accusant la juridiction de l'Onu basée à La Haye de cibler injustement le continent.
"Je vais soumettre une motion au prochain sommet de l'Union africaine. Je souhaite que nous nous retirions tous de ce tribunal occidental. Qu'ils restent entre eux", a-t-il dit lors d'un discours en swahili prononcé à l'occasion du 51e anniversaire de l'indépendance du Kenya.
Les procureurs de la CPI ont abandonné la semaine dernière les poursuites pour crimes contre l'humanité intentées contre le président kényan, Uhuru Kenyatta, mais le procès du vice-président William Ruto pour les mêmes faits a débuté à La Haye.
Les deux dirigeants kényans, qui assistaient au discours de Yoweri Museveni, sont soupçonnés d'avoir fomenté les violences ethniques post-électorales de 2007-2008, qui avaient fait 1.200 morts.
Le chef de l'Etat ougandais a reproché à la CPI de ne pas avoir abandonné également les poursuites contre William Ruto "alors qu'il a été élu par les Kényans".
Il a rappelé qu'il avait initialement soutenu la création de ce tribunal onusien, auquel il avait demandé de se saisir du cas de Joseph Kony, chef de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), accusé de multiples exactions depuis une vingtaine d'années.
Mais, a-t-il dit, il s'est finalement détourné du tribunal international parce qu'il est devenu "un instrument d'oppression pour l'Afrique".
Les huit procédures ouvertes depuis 2003 par la Cour de La Haye ont visé des Africains, ce qui avait conduit Uhuru Kenyatta à qualifier la CPI de "raciste" et "d'impérialiste" avant qu'elle n'abandonne les poursuites contre lui.
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S'exprimant lui aussi vendredi dans le stade de Nairobi où se tenaient les cérémonies, le président kényan s'est dit convaincu que William Ruto bénéficierait lui aussi d'un non lieu.
Le sommet annuel des chefs d'Etat de l'Union africaine est prévu en janvier à Addis Abeba, la capitale de l'Ethiopie, à une date qui n'a pas encore été annoncée.
(Duncan Miriri, Tangi Salaün pour le service français)
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