Les perquisitions en Turquie, riposte à de "basses manoeuvres"
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Les perquisitions en Turquie répondent à de "basses manoeuvres"
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IZMIT, Turquie (Reuters) - Les perquisitions menées en Turquie dimanche dans les locaux de médias proches du dignitaire religieux exilé Fethullah Gülen participaient d'une riposte nécessaire à de "basses manoeuvres" émanant d'ennemis politiques, a déclaré lundi le président Recep Tayyip Erdogan.
La police turque a interpellé 24 personnes lors de ces perquisitions, notamment à la chaîne de télévision Samanyolu et au journal à grand tirage Zaman.
Le chef de l'Etat, qui réagissait pour la première fois à l'opération de police contre ces médias, a rejeté les critiques de l'Union européenne.
"Ils hurlent à la liberté de la presse mais (les perquisitions) n'ont rien à voir avec ça. Ce que l'UE pourrait dire ne nous inquiète pas, que l'Union européenne nous accepte comme membre ou non, nous ne sommes pas inquiets. S'il vous plaît, gardez votre sagesse pour vous-même", a-t-il déclaré.
Le président turc a ajouté plus tard que l'appareil judiciaire et d'autres institutions de l'Etat turc devaient être "purgés des traîtres" qui s'y trouvent. Au nombre des institutions en question, il a cité l'agence scientifique nationale, Tubitak.
Kemal Kilicdaroglu, chef de file du parti d'opposition CHP (Parti républicain du peuple, laïque), qui a parlé après les perquisitions de "coup porté contre la démocratie", a mis en doute lundi la légalité de l'opération.
"Ces opérations n'ont pas été menées dans le cadre de la loi. Elles représentent des actes de vengeance", a-t-il déclaré à la presse.
Le procureur général d'Istanbul, Hadi Salihoglu, a indiqué dimanche que des mandats d'arrêt avaient été lancés contre 31 personnes accusées de vouloir mettre en place "un groupe terroriste", ainsi que de faux et de diffamation.
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POUR ERDOGAN, LA DÉMOCRATIE PROGRESSE
Fethullah Gülen, qui est à la tête d'une puissante confrérie, est exilé depuis 1999 aux Etats-Unis. Il a estimé cette année que la répression menée par Recep Tayyip Erdogan était "dix fois pire" que celle qu'a connue la Turquie après le putsch militaire de 1980.
Voici un an, des enquêtes pour corruption ont visé le premier cercle des collaborateurs d'Erdogan, alors Premier ministre. Pour ce dernier, ces enquêtes participaient d'un complot orchestré contre lui par une "structure parallèle" constituée de partisans de Gülen, nombreux dans la justice et la police.
L'enquête avait entraîné la démission de trois ministres et poussé Erdogan à procéder à une reprise en main de l'appareil d'Etat : des milliers de policiers et des centaines de juges et de procureurs ont été mutés.
Vendredi dernier, le président turc avait promis de pourchasser "jusque dans leurs tanières" les partisans de Gülen, qu'il présente comme des "terroristes" et des "traîtres".
Le chef de l'Etat a estimé que le degré de démocratie augmentait actuellement en Turquie. L'opération lancée contre la confrérie de Fethullah Gülen s'inscrit selon lui dans le cadre d'efforts pour déraciner les forces antidémocratiques, et va se poursuivre.
"Nous sommes en train de semer les graines de la nouvelle Turquie", a-t-il dit.
"Ceux qui veulent se livrer à de basses manoeuvres et ont de mauvaises fréquentations, dans l'espoir de replonger la Turquie dans le passé, ont la réponse qu'ils méritent, et nous allons continuer sur cette voie", a poursuivi le président.
(Humeyra Pamuk, Ayla Jean Yackley et Ece Toksabay, Eric Faye pour le service français)
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