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La politique grecque n'inquiète plus les marchés, pour l'instant

reuters.com

Publié le 16 décembre 2014 à 15:18 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 13:20

La politique grecque n'inquiète plus les marchés, pour l'instant

La politique grecque n'inquiète plus les marchés, pour l'instant

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par Francesco Canepa et Alistair Smout

LONDRES (Reuters) - L'avenir de la Grèce dans la zone euro est peut-être une nouvelle fois dans la balance mais à la différence de la période 2011-2012, les investisseurs semblent croire que le reste de la région restera protégé des retombées d'une nouvelle crise.

La Grèce ne figure même pas dans la liste des 10 principaux risques de 2015 dressée par la banque HSBC, alors que le parlement d'Athènes pourrait bien être incapable d'élire un président d'ici la fin de l'année.

Ce qui aboutirait à la convocation d'élections législatives anticipées, pour lesquelles le parti de gauche Syriza, opposé au plan d'assistance de l'Union européenne, est donné favori.

Bien sûr, des facteurs extérieurs, comme la tempête sur les marchés russes, auront une influence sur le comportement des marchés.

Mais pour l'instant, l'éventualité d'un défaut grec sur sa dette et d'une sortie de la zone euro a été accueillie avec un certain calme dans d'autres pays "périphériques" de la région, comme l'Italie et l'Espagne.

"Le marché pense que le reste de la zone euro peut isoler les problèmes grecs et survivre", explique Christian Schulz, économiste de la banque Berenberg

La Bourse d'Athènes et les obligations grecques ont certes fortement reculé depuis la décision du Premier ministre, Antonis Samaras, d'avancer l'élection présidentielle. Mais alors qu'en mai 2012, la crainte d'un "Grexit", une sortie de la Grèce de la zone euro, avait propulsé les rendements obligataires à des plus hauts historiques et fait chuter les actions en Italie et en Espagne, le calme règne cette fois-ci.

Ainsi, alors que le coût d'une protection contre un risque de défaut grec est passé à 3,2 millions de dollars pour 10 millions de dette à cinq ans, il n'est que de 148.000 dollars pour la dette italienne.

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LA BCE EST MIEUX ARMÉE

Ce calme relatif se fonde sur l'hypothèse selon laquelle l'impact d'un défaut grec sur les investisseurs privés serait limité, 83% de l'encours de la dette d'Athènes étant aujourd'hui aux mains du secteur public.

En outre, d'autres pays membres de la zone euro peuvent compter si nécessaire sur la Banque centrale européenne (BCE) et le Mécanisme européen de stabilité (MES) inauguré en octobre 2012.

"Il y a davantage d'armes dans l'arsenal de la BCE pour prévenir ce type de contagion ou une réaction agressive des marchés", explique James McCann, économiste de Standard Life Investments.

L'impact d'une éventuelle victoire de Syriza aux législatives en Grèce devrait aussi être mesuré à l'aune des conséquences politiques dans les autres pays de la zone euro.

Une telle issue ne manquerait pas en effet de galvaniser les partis opposés aux politiques d'austérité, comme Podemos en Espagne, et les mouvements eurosceptiques, comme le Mouvement cinq étoiles en Italie.

"Ce serait très négatif pour d'autres pays, simplement par le message que cela véhiculerait, à savoir que (la zone euro) peut être démantelée", dit Gianluca Ziglio, de Sunrise Brokers.

Un défaut d'Athènes décidé par Syriza pourrait aussi se traduire par des pertes financières pour la BCE, donnant ainsi des arguments supplémentaires aux adversaires d'une politique d'achat de dette publique, dite d'assouplissement quantitatif (QE).

Les marchés estiment néanmoins que le problème grec restera circonscrit et que l'évolution de la situation politique n'aura pas d'influence sur le lancement d'un QE par la BCE.

"Certains scénarios extrêmes concernant la Grèce fourniront des arguments aux faucons de la BCE opposés à des mesures telles que le QE", dit Athanasios Vamvakidis, responsable de la stratégie devises G10 de Bank of America Merrill Lynch. "Il y aura donc un débat mais nous nous attendons à ce qu'une politique appropriée prévale afin d'isoler le reste de la région de la Grèce."

(avec Marius Zaharia, Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

reuters.com

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