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2014, à marquer d'une pierre noire pour François Hollande

reuters.com

Publié le 22 décembre 2014 à 15:51 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 13:18

2014, a marquer d'une pierre noire pour francois hollande

2014, a marquer d'une pierre noire pour francois hollande

© Charles Platiau / Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Au terme d'une annus horribilis riche en déboires politiques et personnels, 2015 sera l'année des risques électoraux mais aussi des chances de sursaut pour François Hollande, dans l'attente de résultats économiques tangibles toujours absents à mi-mandat.

Après deux ans et demi de marasme, l'impopulaire président et son deuxième Premier ministre, Manuel Valls, espèrent que l'année qui vient fera oublier la précédente.

Après le temps des promesses non tenues, en particulier celle d'une baisse du chômage, l'exécutif compte pour les mois à venir sur un frémissement lié au pacte de responsabilité passé dans la douleur avec les entreprises, invitées à s'engager pour l'emploi en contrepartie d'importantes baisses de charges.

Il anticipe aussi l'effet, du moins psychologique, de la loi sur l'activité défendue par le fringant mais décrié ministre de l'Economie depuis quatre mois, Emmanuel Macron.

Alors que la Commission européenne dira en mars si le train de réformes engagé est suffisant pour éviter des sanctions à la France, le gouvernement voit des raisons conjoncturelles d'espérer dans la chute du prix du pétrole, la baisse de l'euro favorable aux exportations, les taux d'intérêt au plus bas, et le déficit budgétaire contenu à 4,1% au lieu de 4,3% prévus - mais en deçà des 3% imposés par Bruxelles.

Le président français, qui n'a en rien abandonné ses ambitions d'un second mandat, a d'ailleurs vu sans déplaisir l'Insee confirmer une reprise pour 2015, même si elle devrait être trop timide pour faire reculer le chômage. [ID:nL6N0U2281]

Nommé à Matignon le 31 mars, Manuel Valls a imprimé son style autoritaire et pragmatique, aux antipodes de son prédécesseur Jean-Marc Ayrault.

L'ambitieux chef du gouvernement a soufflé le chaud et le froid, déclarant un jour sa flamme aux entreprises, le lendemain au Parti socialiste, dont l'aile gauche fustige sa politique de l'offre - sans avoir empêché le vote d'aucun texte au Parlement.

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"Je suis fier d'être le Premier ministre d'un président de la République qui fait du redressement du pays dans la justice sa priorité", déclarait-il ces derniers jours à l'Assemblée nationale.

LA VENGEANCE DE VALÉRIE TRIERWEILER

Pour François Hollande, 2014 a confirmé le désamour avec des concitoyens au mieux déçus, au pire en colère contre sa façon de diriger le pays, jugée indécise et inefficace.

Descendue jusqu'à 12%, sa cote est remontée quelque peu à la fin d'une année qui l'a vu beaucoup voyager et présider nombre de cérémonies marquant le Centenaire de la Première Guerre mondiale et le 70e anniversaire du Débarquement allié.

Malgré le changement d'une grande partie de son entourage, y compris son service communication, la tentative de "représidentialisation" de celui qui a mis du temps à endosser le costume de chef de l'Etat a été parasitée par une série de crises politiques et personnelles.

2014 a débuté par une déflagration intime : la séparation d'avec sa compagne Valérie Trierweiler à la suite de la publication de photographies révélant une liaison présidentielle avec l'actrice Julie Gayet.

Pour Valérie Trierweiler, passée en un instant du statut de première dame à celui de femme répudiée, l'heure de la vengeance n'a pas attendu la fin du quinquennat de son ancien compagnon.

L'année s'est terminée à la "une" des magazines "people" pour la désormais journaliste millionnaire, qui a vendu plus de 600.000 exemplaires de "Merci pour ce moment".

Impitoyable pour François Hollande qui surnommerait selon elle les pauvres "les sans-dents", Valérie Trierweiler a laissé entendre qu'elle n'avait pas encore dit son dernier mot.

LAMDAOUI, ARIF, THEVENOUD, MORELLE....

L'année qui s'achève a vu le départ d'autres proches du président, dont deux pour raisons judiciaires : le secrétaire d'Etat aux anciens combattants, Kader Arif, et Faouzi Lamdaoui, homme de confiance devenu conseiller.

Ce double limogeage a suivi de peu les remous causés par les révélations sur un déjeuner entre le secrétaire général de l'Elysée, Jean-Pierre Jouyet, ami intime du président nommé au printemps, et l'ex-Premier ministre UMP François Fillon, meilleur ennemi de Nicolas Sarkozy dans la course à 2017.

Sur ce même thème d'un pouvoir politique coupé des réalités, le départ du secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Thomas Thévenoud, après des problèmes avec le fisc, a créé un choc.

Sa "phobie administrative" a fait rire jaune plus d'un contribuable échaudé par les hausses d'impôts et écorné la République "exemplaire" promise par François Hollande.

Thomas Thévenoud est resté moins de deux semaines dans le gouvernement né du remaniement surprise de la fin août, débarrassé de Benoît Hamon, Aurélie Filippetti et Arnaud Montebourg, en désaccord avec la politique menée.

L'hémorragie a aussi concerné le conseiller présidentiel Aquilino Morelle, remercié en avril après des soupçons de conflit d'intérêt et des révélations sur son style de vie.

Et même après avoir quitté d'eux-mêmes le gouvernement, comme l'écologiste Cécile Duflot, les partants se sont multipliés en livres et interviews ravageurs pour François Hollande, surnommé "le président de personne".

Annoncée comme celle de la lutte contre les inégalités, thème de gauche par excellence, l'année 2015 devrait être celle du coup d'arrêt des hausses d'impôts, a promis le président.

Elle sera marquée par deux scrutins majeurs : les élections départementales de mars puis, en fin d'année, les régionales post-redécoupage de l'Hexagone en 13 régions au lieu de 22.

"On ne peut que perdre", reconnaît un ministre. C'est pour cela qu'il faut se battre, et dire à la base que ce qu'on fait n'a pas remis en cause ce à quoi la gauche est attachée"

Entre-temps, le congrès du Parti socialiste, en juin, promet d'être animé sur fond de désaccords et d'incertitudes quant à la configuration de l'élection présidentielle de 2017.

A ceux qui évoquent un troisième temps du quinquennat, Manuel Valls répond qu'il veut rester jusqu'au bout, comme entendu avec le président.

Quant à François Hollande, il attend son heure en souriant des débats prématurés pour ou contre une primaire à gauche.

"Il sera candidat, sauf si le chômage continue à augmenter. Mais il va baisser", tranche un proche.

(Edité par Yves Clarisse)

reuters.com

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