Le pape au Sri Lanka avant les Philippines
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Le pape au sri lanka
© Stefano Rellandini / Reuters
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par Frank Jack Daniel
COLOMBO (Reuters) - Le pape François est arrivé mardi au Sri Lanka pour une visite consacrée à la promotion du dialogue interreligieux, un thème fort dans ce pays qui se remet d'une longue guerre civile et qui a été brutalement relancé à l'échelle mondiale par les attentats de la semaine dernière à Paris.
A sa descente d'avion, le souverain pontife a semblé plaider pour la formation d'une commission d'enquête sur le conflit séparatiste dont l'île est sortie en 2009. C'est l'une des promesses du chef de file de l'opposition, Maithripala Sirinesa, élu jeudi à la présidence.
"Le processus de guérison doit aussi s'appuyer sur la recherche de la vérité, non pas pour rouvrir les vieilles blessures, mais pour la nécessaire promotion de la justice, la guérison et l'unité", a déclaré François sur l'aéroport de Bandaranaike.
A 70% bouddhiste, le Sri Lanka compte 13% d'hindous, 10% de musulmans et 7% de catholiques.
S'adressant visiblement au président sortant Mahinda Rajapaksa, battu après un accès de tensions religieuses, le pape a souhaité que les minorités soient mieux représentées.
"Le grand chantier de la reconstruction doit permettre l'amélioration des infrastructure et répondre aux besoins matériels, mais aussi - et c'est plus important - promouvoir la dignité humaine, respecter les droits de l'homme et la pleine intégration de tous les membres de la société", a-t-il souligné.
Le conflit séparatiste qui a fait rage pendant 26 ans s'est achevé par la déroute de la guérilla tamoule, au terme d'une offensive gouvernementale qui a coûté la vie à 40.000 civils, selon une estimation de l'Onu.
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La fin de la guérilla a valu à Mahinda Rajapaksa le statut de héros national, mais le chef de l'Etat s'est opposé à l'ouverture d'une enquête sur d'éventuels crimes de guerre.
"L'incapacité à surmonter les divergences et les désaccords, qu'ils soient neufs ou anciens, attise des tensions ethniques et religieuses souvent accompagnées par des accès de violences", a ajouté le pape, dont le message a pris une résonance particulière après les attentats de Paris.
A Colombo, il doit canoniser mercredi le père Joseph Vaz, un prête indien qui a résisté au pouvoir colonial hollandais décidé à imposer le calvinisme à la fin du XVIIe siècle et au début du XVIIIe.
Mercredi toujours, il priera pour la réconciliation au sanctuaire de Notre-Dame du Rosaire, à Madhu, ville de la région à dominante tamoule avant de gagner jeudi les Philippines, dont six millions d'habitants pourraient assister à la messe en plein air qu'il célébrera dimanche. François regagnera le Vatican Lundi.
(Jean-Philippe Lefief pour le service français)
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