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Paris veut avancer sur la taxe sur les transactions financières

reuters.com

Publié le 14 janvier 2015 à 20:51 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 13:13

La france veut avancer sur la taxe sur les transactions financieres, au grand dam de ses banques

La france veut avancer sur la taxe sur les transactions financieres, au grand dam de ses banques

© Brendan McDermid / Reuters

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PARIS (Reuters) - La France veut relancer les discussions sur la taxe sur les transactions financières, au grand dam de ses banques, à l'occasion des réunions européennes des 26 et 27 janvier.

Le ministre des Finances, Michel Sapin, a consulté depuis lundi des organisations non gouvernementales (ONG) et le secteur financier pour avancer sur ce projet, après l'échec des discussions sur la proposition française au mois de décembre.

L'objectif est de parvenir à une nouvelle proposition sur les bases définies ces derniers jours par François Hollande, qui a relancé le dossier: une assiette large et un taux faible.

La France demandera l'organisation d'une réunion des onze pays qui ont donné leur accord de principe pour mettre en oeuvre une telle taxe, en marge des réunions de l'Ecofin et de l'Eurogroupe, a-t-on appris de source gouvernementale.

La composition de l'assiette ne serait pas encore arrêtée, pas plus que le taux de la taxe ou l'objectif de recettes.

Reçus mercredi par Michel Sapin, "les acteurs financiers de la Place de Paris ont réitéré leur opposition totale et leur incompréhension face à une telle initiative", a annoncé la Fédération bancaire française dans un communiqué.

Cette taxe serait "contraire aux intérêts de l'économie française, des entreprises, des investisseurs et de la Place de Paris", ajoute-t-elle.

Les autorités françaises ont quant à elles toujours expliqué qu'elles prenaient très au sérieux la préservation de l'attractivité de la place financière de Paris.

Un responsable de l'industrie financière se désole pourtant sous couvert de l'anonymat en soulignant le risque de délocalisation d'activités vers des pays qui n'appliqueront pas cette taxe, en particulier la place de Londres.

"BNP Paribas et Société générale sont deux fleurons mondiaux qui font l'essentiel de leurs opérations à Paris. Vous pensez que ces entreprises vont renoncer à rester leader mondial?", explique-t-il à Reuters.

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LES ONG "PRUDENTES ET VIGILANTES"

Huit ONG reçues par Michel Sapin ont renouvelé mercredi leur appel à la création d'une taxe européenne "ambitieuse et solidaire" sur toutes les transactions financières à partir de 2016.

Alexandre Naulot, responsable du secteur financier de l'ONG Oxfam France, souligne que Michel Sapin n'a donné aux ONG aucune indication sur l'assiette ni sur les sommes qui seraient levées.

"On attend une proposition écrite", explique-t-il à Reuters, précisant que les ONG restaient "prudentes et vigilantes" sur les recettes, l'affectation et les taux de cette future taxe.

Les ONG ont pris acte des déclarations de François Hollande sur l'affectation du produit de la taxe à la solidarité internationale et à la lutte contre le changement climatique.

"Nous attendons maintenant qu'il aille convaincre les autres", ajoute Alexandre Naulot, en souhaitant "une initiative franco-allemande sur l'affectation de la taxe".

Les ONG demandent que le montant perçu pour la France soit au minimum de 6 milliards d'euros, loin des 3 milliards qu'aurait selon elles rapporté la précédente proposition française pour l'ensemble des pays concernés.

Elles avaient accusé la France d'avoir torpillé le projet de taxe sur les transactions financières en proposant qu'elle ne s'applique qu'aux actions et aux credit default swaps (CDS).

Les responsables français disent quant à eux avoir cherché un consensus qui tenait compte des lignes rouges signalées par les différents pays.

La France ne souhaitait pas voir taxés les dérivés actions, un domaine dans lequel les banques françaises sont très actives, mais ils ne représentent qu'une faible portion des dérivés par rapport aux dérivés de taux et de change qui constituaient des lignes rouges pour d'autres pays, a-t-on expliqué à Paris.

(Jean-Baptiste Vey, avec Matthias Blamont et Leigh Thomas, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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