Devant une foule immense à Manille, le pape défend l'enfance
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Foule immense a manille pour la messe en plein air du pape francois
STEFANO RELLANDINI
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Foule immense a manille pour la messe en plein air du pape francois
STEFANO RELLANDINI
par Philip Pullella et Rosemarie Francisco
MANILLE (Reuters) - Le pape François a achevé dimanche son voyage aux Philippines devant une foule immense à Manille par une messe en plein air au cours de laquelle il a appelé à lutter contre la pauvreté et à venir en aide aux enfants démunis.
Des responsables de la ville ont estimé que quelque quatre millions de personnes avaient bravé la pluie pour assister au service religieux, organisé dans le parc Rizal de Manille. Des foules se sont également massées aux abords du site.
C'est l'un des plus grands rassemblements publics de l'histoire du pays. Il y a vingt ans, à l'occasion de la venue de Jean Paul II dans le principal pays catholique d'Asie, ils étaient environ cinq millions.
Les fidèles ont commencé à se rendre sur place dès samedi soir pour avoir de bonnes places. Une douzaine de personne ont été blessées dans une ruée pour accéder au parc, a déclaré un responsable de la police lors d'un entretien à la radio.
Les 7.000 volontaires de la Croix-Rouge philippine ont porté secours à des dizaines de personnes prises de vertiges ou éprouvant des difficultés à respirer.
"ATTAQUES INSIDIEUSES" CONTRE LA FAMILLE
Le pape argentin a lentement progressé parmi la foule pour rejoindre l'autel, faisant stopper sa "papamobile" à de nombreuses reprises pour embrasser des enfants ou bénir des images saintes au milieu d'une foule extatique.
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Dans son homélie, il a appelé les Philippins à fuir "les structures sociales qui perpétuent la pauvreté, l'ignorance et la corruption", un thème qu'il avait déjà abordé lors de son audience avec le président philippin Benigno Aquino vendredi.
Le chef de l'Eglise catholique s'en est également pris à la politique de planification familiale du gouvernement philippin en déclarant que la famille est l'objet "d'attaques insidieuses et de programmes contraires à ce que nous tenons pour vrai et sacré".
Dans un pays qui compte 1,2 million d'enfants des rues, il a aussi plaidé pour la protection de l'enfance.
"Chaque enfant, a-t-il dit, doit être vu comme un don que nous devons accueillir, chérir et protéger. Et nous devons nous soucier de nos jeunes, ne pas les laisser privés d'espoir et condamnés à vivre dans les rues."
LES LARMES DE GLYZELLE
Plus tôt dans la journée, à l'occasion d'une rencontre avec quelque 30.000 jeunes sur un campus catholique de Manille, le pape avait déjà lancé un vibrant plaidoyer pour les enfants après l'intervention émouvante d'une enfant de douze ans abandonnée par ses parents et recueillie par une association catholique.
"De nombreux enfants sont abandonnés par leurs parents. Nombre d'entre eux deviennent des victimes et vivent de mauvaises choses, comme la drogue ou la prostitution. Pourquoi Dieu accepte-t-il de telles choses? Pourquoi si peu de gens nous viennent-ils en aide?", lui a demandé Glyzelle Iris Palomar, la voix brisée par les larmes.
Le pape, qui l'a prise dans ses bras, est alors sorti du texte préparé de son intervention. Visiblement ému, il a déclaré que cette fille avait posé "la seule question pour laquelle il n'y a pas de réponse". "Et elle n'a pas pu l'exprimer par des mots, mais par des larmes", a-t-il poursuivi.
La messe à Manille était le dernier grand événement inscrit au programme du voyage apostolique qui a également conduit le pape au Sri Lanka en début de semaine. François reprendra l'avion lundi pour le Vatican.
Près de 50.000 membres des forces de l'ordre ont été mobilisés tout au long de sa visite aux Philippines, un dispositif sans précédent dans l'archipel selon le général Gregorio Catapang, chef d'état-major de l'armée.
(avec Neil Jerome Morales et Karen Lema; Benoît Van Overstraeten et Henri-Pierre André pour le service français)
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