Une ministre yéménite dénonce une tentative de coup d'Etat
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Une ministre yemenite denonce une tentative de coup d'etat
© Khaled Abdullah Ali Al Mahdi
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Une ministre yemenite denonce une tentative de coup d'etat
© Khaled Abdullah Ali Al Mahdi
par Yara Bayoumy et Mohammed Ghobari
SANAA (Reuters) - Une tentative de coup d'Etat a été menée lundi matin par des hommes armés qui ont attaqué le palais présidentiel à Sanaa, la capitale du Yémen, qui a connu ses plus violents combats depuis le mois de septembre, a déclaré la ministre yéménite de l'Information.
La ministre Nadia al Sakkaf n'a pas désigné nommément les auteurs de l'attaque mais les heurts qui se sont produits dans la matinée à Sanaa opposaient des troupes gouvernementales et des membres du mouvement chiite houthi.
Des fusillades et des tirs d'artillerie ont été signalés dans ces combats. L'attaque contre le palais défendu par une unité de la garde présidentielle a fait un mort et trois blessés, a indiqué Nadia al Sakkaf.
Les combattants houthis ont même ouvert le feu sur un convoi automobile transportant le Premier ministre Khaled Bahah à un point de contrôle, a ajouté la ministre.
L'incident s'est produit peu après une rencontre entre le chef du gouvernement et le président Abd Rabbou Mansour Hadi accompagné de son conseiller houthi Saleh al Samad pour tenter de résoudre l'actuelle crise politique.
Les houthis, qui font désormais partie du gouvernement, ont promis "d'envenimer la situation" dans le pays si leurs demandes en faveur d'une nouvelle Constitution qui leur soit plus favorable ne sont pas entendues.
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Un haut responsable houthi a expliqué qu'un accord de cessez-le-feu avait été conclu peu avant midi et qu'il était entré en vigueur.
LUTTE D'INFLUENCE
Considérés comme les alliés de l'Iran dans la lutte d'influence qui l'oppose à l'Arabie saoudite dans la région du Golfe, les houthis se sont rendus maîtres de Sanaa au mois de septembre.
Ayant alors contraint le gouvernement à la démission, ils contrôlent désormais une grande partie du pays après avoir pris conquis certains territoires dans le centre et l'ouest du pays qui étaient jusqu'alors sous domination sunnite.
Malgré cette avancée, les houthis doivent compter avec la résistance des insurgés sunnites d'Al Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), organisation qui a revendiqué la responsabilité des attentats commis début janvier à Paris.
Les combats qui ont éclaté lundi matin se sont produits à proximité du palais présidentiel et de la résidence du chef de la sécurité nationale. On ignore si le président Hadi se trouvait sur place au moment des affrontements.
Des habitants ont indiqué que les troupes gouvernementales ont pilonné un complexe résidentiel utilisé comme base par les houthis et que de la fumée s'élevait au-dessus des lieux.
Des fusillades et des explosions ont également été signalées dans le quartier de Hadda qui abrite les représentations diplomatiques dans le sud de la capitale.
Un journaliste de Reuters a dit avoir vu des hommes en treillis, armés de bazookas avec les sigles houthis "Mort à l'Amérique" et "Mort à Israël", circuler dans la rue Al Khamsine où se trouvent les résidences de plusieurs responsables gouvernementaux en charge de la sécurité dont le ministre de la Défense.
(Benoît Van Overstraeten et Pierre Sérisier pour le service français)
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