Amman promet une guerre "sans merci" à l'Etat islamique
reuters.com

Amman promet une guerre "sans merci" a l'eetat islamique
JONATHAN ERNST
reuters.com

Amman promet une guerre "sans merci" a l'eetat islamique
JONATHAN ERNST
par Suleiman Al-Khalidi
AMMAN (Reuters) - Le roi Abdallah II de Jordanie a promis de livrer une guerre sans merci aux djihadistes de l'Etat islamique, au lendemain de la diffusion d'une vidéo montrant vraisemblablement l'assassinat d'un pilote jordanien capturé en décembre en Syrie.
Deux islamistes Irakiens condamnés à mort en Jordanie ont été exécutés en représailles.
"Nous livrons cette guerre pour protéger notre foi, nos valeurs, des principes humanistes et notre guerre en leur nom sera sans merci, et nous irons les frapper sur leur propre sol", a promis le souverain lors d'une réunion des services de sécurité, selon la télévision publique.
Amman, qui a promis une "riposte tellurique" après l'exécution de Mouath al Kassaesbeh, a par ailleurs annoncé une plus grande implication de sa part dans les opérations de la coalition internationale formée pour combattre l'Etat islamique en Irak et en Syrie.
"Il s'agit d'une initiative concertée entre membres de la coalition afin d'intensifier les efforts déployés pour faire cesser l'extrémisme et le terrorisme, pour affaiblir, détruire et finalement éradiquer Daech", a déclaré un porte-parole du gouvernement.
"Toutes les instances militaires et les services de sécurité de l'Etat réfléchissent à la marche à suivre. La riposte de la Jordanie aura un large retentissement dans le monde, mais cette réaction militaire et sécuritaire sera annoncée le moment venu", a-t-il ajouté.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Capturé lors d'une mission au-dessus de la Syrie, Mouath al Kassaesbeh a été brûlé vif à l'intérieur d'une cage.
Son père, Safi al Kassaesbeh, membre d'une tribu bédouine très puissante en Jordanie, a jugé mercredi que l'exécution des deux islamistes n'était pas suffisante.
"Je veux que l'Etat venge la mort de mon fils avec davantage d'exécutions de ces gens qui suivent ce groupe criminel", a-t-il déclaré à Reuters, joint par téléphone. "Les Jordaniens veulent que l'Etat et la coalition portent des coups encore plus durs pour détruire ces criminels."
Le sort de Mouath al Kassaesbeh tenait les Jordaniens en haleine depuis sa capture, le 24 décembre. Sa capture a donné lieu à des manifestations contre le roi Abdallah, critiqué pour avoir entraîné la Jordanie dans la coalition. D'après la télévision jordanienne et des sources proches de la sécurité, la mort du pilote de chasse remonterait au 3 janvier.
DAMAS INVITE AMMAN À COOPÉRER
Dans des messages diffusés avant l'annonce de son exécution, l'EI avait exigé la libération de Sadjida al Richaoui en échange d'un otage japonais, Kenji Goto, dont la mise à mort a été annoncée dans une vidéo diffusée samedi dernier.
Les autorités jordaniennes se disaient prêtes à négocier la libération de la djihadiste, condamnée à mort pour son rôle dans un attentat suicide qui a fait 60 morts à Amman en 2005, en échange de son pilote.
Sadjida al Richaoui et l'Irakien Ziyad Karboli, condamné en 2008 pour le meurtre d'un Jordanien, ont été exécutés par pendaison avant l'aube à la prison de Swaqa, à 70 km au sud d'Amman, a-t-on appris de source proche des services de sécurité. "Ils étaient calmes et n'ont montré aucune émotion, ils ont simplement prié", a-t-il dit.
Dans la nuit, des dizaines de Jordaniens s'étaient rassemblés dans le centre de la capitale pour appeler à la vengeance aux cris de "mort à Daech", l'acronyme arabe à connotation péjorative de l'EI.
A Karak, ville natale du pilote, des dizaines de manifestants s'en sont brièvement pris à un bâtiment administratif, reprochant au pouvoir de ne pas en avoir fait assez pour obtenir sa libération. Des anciens ont ramené le calme.
Le roi Abdallah, qui était en déplacement aux Etats-Unis, a écourté sa visite. Il a dénoncé à la télévision un acte de "terrorisme lâche" commis par un groupe déviant qui n'a rien à voir avec l'islam et a rencontré Barack Obama à la Maison blanche avant de repartir pour la Jordanie.
A Damas, le gouvernement syrien a invité la Jordanie à coopérer avec lui pour lutter contre les groupes extrémistes de l'EI et du Front al Nosra, affilié à Al Qaïda, rapporte l'agence officielle syrienne Sana.
(Avec Sylvia Westall à Beyrouth, Henri-Pierre André, Tangi Salaün et Jean-Philippe Lefief pour le service français)
reuters.com