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La dette indexée au PIB, une solution possible pour la Grèce

reuters.com

Publié le 06 février 2015 à 18:55 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 13:06

La dette indexee au pib, une solution possible pour la grece

La dette indexee au pib, une solution possible pour la grece

© Yannis Behrakis / Reuters

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18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par John Geddie

LONDRES (Reuters) - La proposition d'Athènes d'échanger la dette détenue par ses créanciers de la zone euro contre des obligations dont les intérêts seraient liés à la croissance économique a été fraîchement accueillie par les autres pays de la région.

Alors que les partisans de l'idée y voient une incitation à des réformes, ses détracteurs la considèrent comme un moyen détourné de ne jamais rembourser sa dette.

Mais pour un nombre croissant d'économistes, ces obligations indexées sur la croissance pourraient bien constituer la bonne méthode pour donner des marges de manoeuvre au gouvernement grec afin de remettre sur pied l'économie du pays.

Ces experts expliquent que les créanciers "officiels" (les Etats, banques centrales et institutions publiques) seraient plus à même que le secteur privé de s'assurer d'être remboursés à l'échéance.

"Le secteur officiel aurait plus de pouvoir qu'un investisseur privé s'il avait l'impression qu'un pays truque ses comptes", note Marcus Miller, professeur d'économie à l'université britannique Warwick.

"Il pourrait aussi trouver le moyen de récupérer son argent car l'Union européenne peut faire payer les Etats."

Marcus Miller et le lauréat du prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz figurent parmi les 18 économistes qui ont récemment publié dans le Financial Times une lettre expliquant que des obligations indexées sur la croissance pourraient aider la Grèce à remonter la pente.

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"Tous les problèmes que nous avons recensés dans le secteur privé concernant ces obligations liées à la croissance ne concernent pas le secteur officiel", dit pour sa part Starla Griffin, de Slaney Advisors, qui a publié en 2013 une étude sur l'attitude des investisseurs envers ces titres.

La proposition d'Athènes est encore imprécise même si les explications données lundi à Londres à des investisseurs par le ministre des Finances Yanis Varoufakis suggèrent qu'elle concerne les prêts des autres Etats membres de la zone euro et du FESF, le Fonds européen de stabilité financière.

La dette grecque envers la zone euro représente 196 milliards d'euros.

QUESTION DE CONFIANCE

La question de la confiance dans les statistiques officielles est évidemment cruciale. L'Argentine, par exemple, est parvenue pendant plusieurs années à éviter d'honorer les échéances de ses obligations indexées sur l'inflation en publiant des statistiques des prix à la consommation très éloignées des estimations privées.

Les créanciers officiels ont toutefois les moyens de vérifier par eux-mêmes les indicateurs économiques dans le cadre du plan d'aide, ce qui pourrait leur éviter cette mésaventure.

"Ils ont plus d'informations que quiconque", souligne Starla Griffin. "Si les choses étaient organisées correctement, il pourrait y avoir une sorte de certification des chiffres."

Le deuxième motif de préoccupation tient à la difficulté de valoriser les titres indexés sur la croissance au gré des hauts et des bas du cycle économique. Or la valorisation est nécessaire pour vendre ou acheter le titre.

La question est toutefois accessoire pour un créancier officiel, qui a vocation à conserver le titre jusqu'à son échéance.

De même, alors que les investisseurs privés doivent pouvoir constamment valoriser les titres dans leurs comptes, cette obligation ne s'applique pas aux créanciers publics.

Le dernier problème soulevé par l'étude de Starla Griffin tient à la difficulté pour des gérants de fonds de faire correspondre les rendements des titres indexés aux exigences de leurs clients.

Pour Michael Michaelides, responsable de la stratégie chez RBS, les pertes éventuelles subies sur le paiement des intérêts pourraient être acceptables du point de vue politique si les contribuables des pays créanciers sont assurés de récupérer le montant initial prêté à l'échéance.

Toutefois, le non-paiement éventuel des intérêts pourrait être considéré à une infraction aux règles européennes, un obstacle juridique qu'il serait difficile d'ignorer.

Pour convaincre leurs interlocuteurs, les Grecs peuvent aussi tenter une autre carte, celle des précédents: après la Deuxième Guerre mondiale, les créanciers de l'Allemagne avaient lié une partie des remboursements à l'excédent commercial de la République fédéral, un procédé dont les Etats-Unis ont également fait bénéficier la Grande-Bretagne.

(Marc Angrand pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)

reuters.com

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