Le Brésil se dote d'une loi définissant le "féminicide"
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Le bresil se dote d'une loi definissant le "feminicide"
© Nacho Doce / Reuters
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Le bresil se dote d'une loi definissant le "feminicide"
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BRASILIA (Reuters) - Le Brésil, où une femme est assassinée en moyenne toutes les deux heures, a adopté une loi créant le crime de féminicide et prévoyant des peines renforcées pour ce type de meurtre.
Un homme tuant une femme en raison de son genre sera désormais passible d'une peine de douze à trente ans de prison. La loi renforce également les peines prévues pour les auteurs de crimes commis contre des femmes enceintes, des mineures âgées de moins de quatorze ans, des femmes de plus de soixante ans et des personnes atteintes de handicap.
"Cette loi caractérise le féminicide comme un crime aggravé et l'identifie comme un crime spécifique commis contre les femmes. C'est une façon de parler de ce problème, de le rendre visible en lui donnant un nom et d'accroître les sanctions associées", a commenté Nadine Gasman, qui dirige l'agence Onu-Femmes au Brésil.
Quinze autres pays latino-américains se sont déjà dotés de lois similaires.
"Il nous a fallu beaucoup de temps pour dire que le meurtre d'une femme est un phénomène distinct. Les hommes sont tués dans les rues, les femmes à la maison. Les hommes sont tués par des armes à feu, les femmes à l'arme blanche ou à coups de poing", a ajouté Nadine Gasman.
D'après les statistiques gouvernementales, 4.500 femmes sont assassinées chaque année au Brésil, un nombre qui a crû de 230% entre 1980 et 2010.
"Les causes sous-jacentes sont à chercher dans la discrimination contre les femmes et l'inégalité. Et au Brésil, les femmes noires sont les plus pauvres et les premières victimes de discrimination", a-t-elle poursuivi.
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Sur sa page Facebook, la députée brésilienne Maria do Rosario s'est félicitée du vote de cette loi. Elle y voit "une nouvelle étape dans le droit brésilien pour la lutte contre le sexisme qui tue tous les jours dans notre pays".
(avec Anastasia Moloney à Bogota; Henri-Pierre André pour le service français)
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