Les Européens perdent patience, Athènes à court de temps
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Les europeens perdent patience, athenes a court de temps
YANNIS BEHRAKIS
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Les europeens perdent patience, athenes a court de temps
YANNIS BEHRAKIS
par Paul Taylor
BRUXELLES (Reuters) - Les dirigeants européens attendus jeudi pour un sommet à Bruxelles devraient expliquer à la Grèce qu'ils sont désormais à court de patience et que le temps est compté pour la mise en oeuvre par le gouvernement d'Alexis Tsipras de réformes en mesure d'éviter une faillite financière de son pays.
Le Premier ministre grec a demandé une réunion avec la chancelière allemande, le président français et les représentants des principales instances européennes en marge du Conseil européen afin d'obtenir la possibilité de lever des fonds à court terme.
"Je vais répéter ce que je lui ai déjà dit deux fois", a déclaré le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. "La Grèce doit entreprendre les réformes qui sont nécessaires. La Grèce doit faire en sorte que les engagements qu'elle a pris au niveau de l'Eurogroupe en 2012 et récemment soient suivis d'effet", a-t-il ajouté sur Europe 1.
Angela Merkel a délivré un message identique devant les députés du Bundestag jeudi matin avant de se rendre à Bruxelles et avant la venue d'Alexis Tsipras à Berlin lundi.
"J'ai invité le Premier ministre grec Alexis Tsipras à Berlin lundi et j'attends sa visite avec impatience. Nous aurons le temps de nous parler en détail et peut-être aussi de confronter nos points de vue", a déclaré la chancelière ajoutant que personne ne doit s'attendre à voir les problèmes résolus lors de cette réunion.
Il ne faut pas davantage s'attendre à ce que les discussions prévues jeudi soir à Bruxelles permettent un rapprochement des points de vue.
"Le chemin à accomplir demeure très difficile", a rappelé Angela Merkel avant de préciser que les autorités grecques devaient comprendre que l'aide internationale était assortie de la condition "d'une réforme budgétaire et d'efforts pour que cette aide ne soit, un jour, plus nécessaire".
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Jean-Claude Juncker, qui tente de concilier les positions de la Grèce et de ses créanciers, n'a pas caché une certaine exaspération face aux déclarations en provenance d'Athènes laissant apparaître une forme de lassitude de la part de ceux qui soutiennent le gouvernement grec.
SITUATION "DANGEREUSE"
La situation financière de la Grèce demeure "dangereuse" et le délai pour éviter un défaut de paiement est court, a estimé pour sa part le président du Parlement européen, Martin Schulz. "A court terme, deux ou trois milliards sont nécessaires pour assumer les engagements existants", a-t-il dit à la radio Deutschlandfunk.
Il a rappelé qu'Athènes devait s'acquitter de nouveaux remboursements d'ici la fin du mois de mars, que ses banques étaient à court de liquidités et que la banque centrale grecque avait quasiment épuisé ses capacités de refinancement du secteur bancaire.
"Il serait donc bien que la Grèce tienne les engagements qu'elle a pris, la nouvelle aide financière viendra ensuite", a-t-il ajouté.
Le vice-Premier ministre grec, Yannis Dragasakis, a reconnu mercredi soir que son pays avait un problème de liquidités et avait besoin d'une aide extérieure pour payer les salaires des fonctionnaires et les retraites comme pour honorer les remboursements de sa dette.
"Nous n'avons reçu aucune tranche d'aide depuis août 2014 bien que nous ayons rempli toutes nos obligations", a-t-il affirmé à la chaîne de télévision Alpha TV. "Nous avons des obligations que nous devons remplir mais pour cela, nous avons besoin d'une coopération des institutions européennes".
Les banques grecques, elles, ont subi des retraits d'environ 300 millions d'euros sur la seule journée de mercredi, a-t-on appris de plusieurs sources bancaires, le montant le plus élevé depuis l'accord du 20 mars entre Athènes et l'Eurogroupe.
La Banque centrale européenne (BCE) a de nouveau relevé le plafond de l'aide d'urgence mise à la disposition du secteur bancaire par la banque centrale nationale, pour le porter à près de 70 milliards d'euros.
"Le gouvernement grec doit améliorer sa volonté de coopération", a jugé Martin Schulz interrogé sur des informations faisant état du fait qu'Athènes ne fournit pas à ses partenaires tous les détails sur le processus des réformes engagées.
Les Européens redoutent que si la Grèce se trouve à court de liquidités d'ici la fin du mois et fait défaut sur sa dette, elle soit contrainte de sortir de la zone euro.
"Je ne crois pas qu'un nouveau séisme se pointe à l'horizon", a toutefois jugé Jean-Claude Juncker, "puisque nous avons mis en place des mesures qui nous permettront de réagir mieux à la crise si jamais crise nouvelle il devait y avoir".
(avec Gernot Heller à Berlin et Grégory Blachier à Paris, Pierre Sérisier et Danielle Rouquié pour le service français, édité par Marc Angrand)
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