L'ex-chef de la sécurité chinoise inculpé de corruption
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L'ex-chef de la securite chinoise inculpe de corruption
© Jason Lee / Reuters
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L'ex-chef de la securite chinoise inculpe de corruption
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par Sui-Lee Wee et Ben Blanchard
PEKIN (Reuters) - L'ancien chef de la sécurité en Chine Zhou Yongkang a été formellement inculpé pour corruption, abus de pouvoir et divulgation intentionnelle de secrets d'Etat, rapporte vendredi l'agence Chine nouvelle.
Zhou Yongkang, 72 ans, a été arrêté et exclu du Parti communiste l'an dernier pour ces faits présumés.
L'acte d'inculpation l'accuse d'avoir "profité de sa position pour obtenir des avantages", "d'avoir accepté illégalement d'énormes actifs de la part d'autres individus", d'"avoir abusé de son pouvoir" et "causé d'énormes pertes" à l'Etat, dit le Parquet populaire suprême dans un communiqué diffusé sur son site internet.
"L'impact sur la société est abominable et les conditions sont particulièrement graves", rapporte l'agence de presse.
Les faits reprochés à Zhou s'étalent sur plusieurs décennies, lorsqu'il occupait un poste de directeur adjoint dans la compagnie pétrolière publique CNPC, lorsqu'il dirigeait le Parti communiste dans la province de Sichuan, et lorsqu'il était ministre de la Sécurité publique et membre du comité permanent du bureau politique, selon le Parquet.
Zhou a été informé de ses droits légaux et a écouté les conseils de son avocat, ajoute le communiqué, sans dire si l'accusé, qui n'est plus apparu en public depuis octobre 2013, est en détention.
Aucune date n'a été annoncée pour son procès. Le mois dernier, les médias officiels chinois assuraient qu'il s'agirait d'un procès "ouvert". Les experts juridiques notent cependant que les autorités prendraient alors le risque que Zhou révèle des secrets d'Etat. Son dossier a été transféré à un tribunal de Tianjin, dans le nord du pays, non loin de Pékin.
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300 PROCHES OU ALLIÉS ARRÊTÉS
"Le procès pourrait débuter rapidement, peut-être dans un mois ou deux", a estimé en s'appuyant sur les précédents Zhang Sizhi, l'avocat de la veuve de Mao Zedong Jiang Qing lors du dernier procès à grand spectacle de l'histoire chinoise, en 1980. La veuve de Mao avait été condamnée à la peine capitale avec sursis pour les dizaines de milliers de victimes de la Révolution culturelle (1966-1976).
Zhou Yongkang fut l'un des plus puissants dirigeants chinois dans les années 2000, siégeant au comité permanent du bureau politique du PCC, le plus haut niveau de pouvoir en Chine, et tenant les rênes de l'appareil de sécurité, l'un des postes les plus puissants du pays, jusqu'à sa retraite en 2012.
Sa position s'est affaiblie durant le grand remaniement de la direction chinoise fin 2012 qui a propulsé Xi Jinping à la tête du pays. Depuis 2013, plus de 300 proches, alliés politiques, associés en affaires, subalternes ou employés de Zhou ont été arrêtés, placés en détention ou interrogés.
Zhou Yongkang avait rejoint le comité permanent du bureau politique en 2007 et dirigeait le comité des affaires politiques et judiciaires, qui supervise le maintien de l'ordre. Le budget de l'appareil de sécurité dépassait alors celui de l'armée et Zhou était l'une des cibles privilégiées des dissidents.
En ordonnant une enquête à son encontre, Xi Jinping a brisé un accord tacite en vertu duquel les anciens membres du comité permanent du bureau politique n'étaient pas inquiétés après leur départ à la retraite.
(Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
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