La contestation se poursuit au Burundi, un mort à Bujumbura
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La contestation se poursuit au burundi
© Jean Pierre Harerimana / Reut
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La contestation se poursuit au burundi
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par Patrick Njuwimana et Njuwa Maina
BUJUMBURA (Reuters) - Les opposants burundais protestant contre la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat sont à nouveau descendus jeudi dans les rues de Bujumbura, où un manifestant a été tué et neuf autres blessés selon la Croix-Rouge locale.
L'opposition estime que le chef de l'Etat, au pouvoir depuis 2005, viole à la fois la Constitution limitant à deux le nombre de mandats consécutifs et l'accord de paix qui a mis fin à la guerre civile il y a dix ans.
La Cour constitutionnelle a validé mardi la candidature de l'ancien chef rebelle hutu à la présidentielle du 26 juin en relevant que le premier mandat de Nkurunziza ne devait pas être pris en compte car il ne résultait pas d'un scrutin populaire mais d'un vote du Parlement.
Les opposants ont réagi en dénonçant la partialité du tribunal et en promettant de poursuivre leurs manifestations jusqu'au départ du président.
Dans une allocution télévisée, le chef de l'Etat a exhorté mercredi soir ses adversaires à mettre fin à leur mouvement de contestation, qualifié d'"insurrectionnel" par les autorités.
"Je respecterai la décision de la Cour constitutionnelle", a déclaré Pierre Nkurunziza. "Je voudrais assurer à la communauté nationale et internationale que si je suis élu aujourd'hui, ce sera mon dernier mandat."
La montée des tensions dans le petit pays d'Afrique centrale a provoqué l'exode de 40.000 Burundais vers les pays voisins, selon l'agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
Treize personnes ont trouvé la mort depuis le début des manifestations le 26 avril selon les organisations représentant la société civile. La police donne un chiffre moins élevé.
La Croix-Rouge burundaise a déclaré que le manifestant tué jeudi avait trouvé la mort dans le quartier de Cibitoke, où des centaines de manifestants se sont rassemblés, incendiant des pneus et un véhicule, selon un journaliste de Reuters sur place.
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Les opposants accusent les Imbonerakure, le mouvement de jeunesse du parti au pouvoir (CNDD-FDD), de les avoir attaqués.
Le gouvernement, qui rejette ces accusations, a proposé d'amnistier les personnes arrêtées depuis le début des troubles si les manifestations cessent.
Les ministres des Affaires étrangères de la Communauté est-africaine (Kenya, Ouganda, Tanzanie, Rwanda, Burundi) doivent se réunir cette semaine pour discuter de cette crise dans un pays où cohabitent Hutus (majoritaires) et Tutsis (minoritaires), soit la même composition ethnique qu'au Rwanda voisin, théâtre du génocide de 1994 contre les Tutsis et Hutus modérés.
Les Etats-Unis ainsi que l'Union européenne, qui fournissent une aide importante au Burundi, ont invité le président Nkurunziza à renoncer à se représenter.
(Patrick Nduwimana; Henri-Pierre André et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
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