Nouveau test électoral pour Matteo Renzi et ses réformes
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par Gavin Jones
ROME (Reuters) - Matteo Renzi affronte dimanche un nouveau test électoral en Italie à l'occasion d'élections régionales et municipales susceptibles d'influer sur les marges de manoeuvre du président du Conseil pour mettre en oeuvre ses réformes du marché du travail et du système éducatif.
Environ 22 millions d'Italiens sont appelés à renouveler les instances exécutives de sept des 20 régions du pays et d'un millier de municipalités.
Un an après le triomphe du Parti démocrate (PD) aux élections européennes, peu après son arrivée au pouvoir, un nouveau succès électoral conforterait Matteo Renzi dans sa volonté de réformer le marché du travail et l'école, face à la vive opposition des syndicats, de l'opposition mais aussi de la gauche de sa propre formation.
Le PD, qui contrôle cinq des sept régions en jeu, a peu de chances de rééditer sa performance des européennes, quand il avait remporté 41% des suffrages. Les instituts italiens de sondage, dont la fiabilité est parfois mise en défaut, prédisent néanmoins que la formation de Matteo Renzi restera de loin le premier parti d'Italie.
Deux jours avant les élections, les tensions internes au PD sont toutefois ressorties au grand jour vendredi avec la publication par la commission parlementaire de lutte contre la mafia d'une liste de 16 candidats soupçonnés de corruption ou de liens avec le crime organisé.
Ces "impresentabili", littéralement des "imprésentables", sont issus de divers partis mais le plus connu d'entre eux est Vincenzo De Luca, candidat de Matteo Renzi pour tenter de ravir la Campanie, la région de Naples, au centre droit. Matteo Renzi a accusé la présidente de cette commission, Rosy Bindi, issue de la gauche du PD, d'utiliser ses fonctions "pour régler des comptes à l'intérieur du parti".
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ENJEUX LOCAUX
Puissant baron local, Vincenzo De Luca est accusé de corruption et il a aussi été condamné pour abus de pouvoir lors de l'octroi d'un marché public d'incinération. Cette condamnation en première instance, dont il a fait appel, pourrait l'empêcher de siéger même en cas de victoire. Il a menacé de poursuivre Rosy Bindi en justice après son inclusion dans la liste des "impresentabili".
Malgré la polémique autour de Vincenzo De Luca, le PD pourrait profiter des premiers signes de reprise économique en Italie après trois ans de récession.
Alors que l'opposition de centre droit espère réussir une surprise, Matteo Renzi a néanmoins ramené samedi ces élections à des enjeux locaux en assurant que leurs résultats n'auraient "aucune conséquence" sur la stabilité du gouvernement.
Placé en deuxième position par les instituts de sondage, le Mouvement 5-Etoiles, qui dénonce la classe politique traditionnelle, pense pouvoir profiter des scandales entourant les partis plus anciens et rééditer la performance réalisée la semaine dernière en Espagne par le camp anti-austérité Podemos.
Le PD devrait remporter des victoires confortables dans ses fiefs que sont la Toscane, où Matteo Renzi a été maire de Florence, l'Ombrie et les Marches, ainsi que dans les Pouilles.
La Ligue du Nord conservera probablement le contrôle de la Vénétie.
Cela signifie que les principales batailles électorales auront lieu en Ligurie, à la frontière de la France, où le PD est confronté à une candidature dissidente à gauche, et en Campanie, où Vincenzo De Luca est engagé dans une lutte serrée.
Aucune estimation ne sera diffusée à la fermeture des bureaux de vote à 23h00 (21h00 GMT) et les résultats devraient ensuite parvenir progressivement dans la matinée de lundi.
(Bertrand Boucey pour le service français)
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