La situation de Bachar al Assad plus fragile que jamais
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© Ammar Abdullah / Reuters
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La situation de bachar al assad plus fragile que jamais
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par Sylvia Westall
BEYROUTH (Reuters) - La progression des rebelles syriens sur la plupart des fronts stratégiques place Bachar al Assad dans une situation plus délicate que jamais.
Les revers de son armée dans le Nord, l'Est et le Sud face aux djihadistes de l'Etat islamique et du Front al Nosra pourraient également le fragiliser dans l'Ouest, région essentielle à la pérennité de son régime.
Après la perte de Palmyre, ville aussi symbolique que stratégique tombée le 21 mai aux mains de l'EI, et celle de la quasi totalité de la province d'Idlib, le président syrien semble avoir redéployé ses forces autour de cette zone qui, outre Damas, comprend Homs, Hama et la côte.
La pression militaire est certes de plus en plus forte, mais les autorités restent convaincues de la capacité des forces gouvernementales et de leurs alliés à conserver les positions les plus essentielles, disent de bons connaisseurs de la situation.
Elles attendraient notamment des renforts en provenance d'Iran, allié le plus proche de la Syrie d'Assad, qui a promis mardi de continuer à le soutenir. Le Hezbollah libanais, également engagé aux côtés des forces gouvernementales, n'a quant à lui jamais été aussi impliqué dans le conflit.
Bachar al Assad serait par ailleurs toujours persuadé que la défense de l'Ouest va le réhabiliter aux yeux des chancelleries occidentales en tant que partenaire de la lutte contre l'Etat islamique, un calcul qui aurait précipité la prise de Palmyre par les djihadistes.
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"L'été va être dur sur le terrain, mais les lignes rouges ne seront pas franchies", dit-on dans les milieux proches du pouvoir.
Le régime baassiste, qui semblait déjà sur le point de s'effondrer en 2012, est alors parvenu à résister, mais la situation parait aujourd'hui plus délicate. L'insurrection ne cesse de se renforcer et l'armée, mise à mal par quatre ans de conflit, continue à s'affaiblir.
L'ARMÉE SYRIENNE A "CESSÉ D'EXISTER"
Elle a ainsi perdu l'appui de milices chiites irakiennes, qui, depuis la chute de Mossoul, en juin dernier, retournent combattre dans leur pays. La progression de l'EI en Irak contraint en outre l'Iran à s'impliquer sur plusieurs fronts.
Mieux organisés et mieux armés que jamais, les insurgés du Nord et du Sud, qui ont probablement reçu une aide matérielle des Etats de la région hostiles à Assad, prennent depuis deux mois un net ascendant.
"La tendance n'est clairement pas favorable au régime, mais il semble que ses appuis, en particulier l'Iran, soient sur le point d'accroître leur aide pour retourner la situation", estime Noah Bonsey, membre de l'International Crisis Group.
Selon le journal libanais As Safir, 20.000 volontaires irakiens, iraniens et libanais ont pris position récemment dans la province d'Idlib en vue d'une contre-offensive.
L'inquiétude augmente toutefois dans les zones toujours tenues par les forces gouvernementales, où vit le gros de la population, et le risque de partition de la Syrie a été l'un des thèmes majeurs de la conférence de presse donnée la semaine dernière à Damas par le ministre syrien des Affaires étrangères.
Prié d'expliquer pourquoi l'appui de Téhéran et de Moscou n'avait pas mis fin aux revers de l'armée, Walid al Moualem a répondu : "L'opinion publique se pose certainement la question".
Selon un diplomate spécialiste du dossier, les autorités syriennes semblent désormais reconnaître qu'elles sont en mauvaise posture. "Il y a un changement dans leur attitude. L'état d'esprit général est sombre", dit-il.
L'idée selon laquelle les forces fidèles à Assad ne peuvent être vaincues en raison de leurs moyens aériens n'est selon lui plus d'actualité. L'armée syrienne a, "de fait, cessé d'exister", a assuré cette semaine le numéro deux des forces israéliennes.
(Avec Tom Perry et Laila Bassam, Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Tangi Salaün)
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