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En Grèce, pendant les négociations, les entreprises souffrent

reuters.com

Publié le 10 juin 2015 à 14:08 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 05:48

Derriere les negociations entre la grece et ses creanciers, des entreprises qui souffrent

Derriere les negociations entre la grece et ses creanciers, des entreprises qui souffrent

© Alkis Konstantinidis / Reuter

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par Angeliki Koutantou

ATHENES (Reuters) - Lorsque le chantier de construction de quatre nouvelles autoroutes en Grèce, un projet de 6,5 milliards d'euros suspendu depuis 2010, a repris l'an dernier, les entreprises grecques et étrangères concernées ont repris espoir. Mais elles ont vite déchanté: l'aide européenne étant bloquée, le gouvernement est incapable de verser sa contribution de 230 millions d'euros.

Le projet est donc de nouveau menacé, tout comme de nombreuses entreprises qui souffrent de l'incertitude sur l'issue de quatre mois de négociations avec les créanciers d'Athènes.

"Notre pays doit avancer aussi vite que possible vers la conclusion d'un accord qui permette de résoudre les problèmes auxquels sont confrontés les projets, grands et petits", déclare George Sirianos, le président de la fédération des grandes entreprises de construction grecques.

Paul Arnaoutis, dont la société distribue des fournitures médicales importées aux hôpitaux grecs, attend depuis quatre mois que l'Etat lui paie 1,3 million d'euros d'achats, une créance qui représente près des trois quarts de son chiffre d'affaires 2014.

Jusqu'à l'an dernier, ses fournisseurs chinois lui accordaient des délais de paiement de 30 à 60 jours. Aujourd'hui, ils exigent un paiement immédiat en raison des risques liés aux transactions avec la Grèce.

L'ÉTAT NE PAIE PAS SES FACTURES

Il craint désormais un scénario sombre dans lequel l'Etat grec sortirait de la zone euro et se mettrait à payer ses factures en émettant des reconnaissances de dette, que les fournisseurs étrangers n'accepteraient évidemment pas.

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"S'il n'y a pas d'accord et si le gouvernement décide de sortir la Grèce de l'euro, tous les importateurs grecs seront ruinés", dit-il.

Et pendant que le doute monte, sa société est censée s'acquitter de 335.000 euros d'impôt sur les bénéfices déclarés au titre de 2014, alors même qu'il n'a encaissé le produit de la majeure partie de ses ventes. "C'est un bénéfice virtuel", dit-il.

Même si le Premier ministre, Alexis Tsipras, parvient à un compromis avec les créanciers et assure le maintien du pays dans la zone euro, de nombreuses entreprises sont tellement affaiblies par les annulations de contrats, les retards de paiement du secteur public et la baisse des dépôts bancaires qu'il leur sera très difficile de remonter la pente.

La reprise économique amorcée l'an dernier, après six ans de récession qui ont amputé d'un quart le produit intérieur brut (PIB), semble avoir fait long feu. Et les banques ont vu les retraits à leurs guichets s'accélérer au fil des semaines.

59 FAILLITES PAR JOUR

Selon la fédération grecque du commerce de détail, chaque jour qui passe se solde par 59 dépôts de bilan et la suppression de 613 emplois. Elle ajoute qu'environ 95% des demandes de prêts des entreprises sont rejetées par les banques et que de nombreuses PME ont renoncé à solliciter des crédits.

La situation complique aussi la tâche des exportateurs.

Gaia Wines, qui produit 350.000 bouteilles de vin par an et en exporte 65% vers les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et 22 autres pays, projetait pour avril sa première livraison en Nouvelle-Zélande mais son premier client là-bas a annulé sa commande de 4.000 euros.

"Nos vins sont de bonne qualité. Mais les gens prennent peur à cause des turbulences. C'est compréhensible", explique Leon Karatsalos, l'un des propriétaires de l'entreprise.

Gaia attend depuis près d'un an la réponse de l'administration grecque à sa demande de 150.000 euros d'aides issues des fonds européens, pour renouveler certains de ses équipements. La réponse était censée lui parvenir en janvier; Leon Karatsalos l'attend toujours.

Le secteur des infrastructures, lui, risque de perdre définitivement les cofinancements de l'UE pour certains projets si Athènes ne boucle pas sa part du budget d'ici la fin de l'année, souligne George Sirianos.

"Si l'Etat ne paie pas sa contribution aux (...) concessionnaires, notamment les petits, il ne pourra pas financer la croissance de l'économie grecque."

(Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison)

reuters.com

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