Juncker dénonce l'hypocrisie de certains face aux migrants
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Juncker denonce l'hypocrisie de certains face aux migrants
© Darrin Zammit Lupi / Reuters
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Juncker denonce l'hypocrisie de certains face aux migrants
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PARIS (Reuters) - Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a dénoncé vendredi l'"hypocrisie invraisemblable" de certains Etats membres qui ont exprimé des réserves, voire une franche hostilité, à son plan de répartition d'accueil des migrants.
Le projet, qui vise à répartir entre les pays de l'Union 40.000 migrants aujourd'hui accueillis par l'Italie et la Grèce afin de soulager Rome et Athènes, a été fraîchement accueilli, notamment à Paris et à Berlin qui posent leurs conditions.
"J'ai annoncé un plan qui ne trouve pas l'approbation spontanée d'un certain nombre d'Etats membres sur une répartition équitable et solidaire de ceux qui ont besoin de protection internationale", a-t-il déclaré sur France Culture.
"A mon âge, on n'est plus choqué par des refus immédiats auxquels je suis habitué", a-t-il ajouté. Mais "on ne peut pas laisser aux seuls soins de l'Italie, de la Grèce, de Malte, de l'Espagne la gestion de cet afflux massif".
Depuis le début de l'année, 51.000 migrants environ sont arrivés en Europe en traversant la Méditerranée, dont 30.500 qui ont été recueillis en Italie. Environ 1.800 se sont noyés en tentant la traversée, selon les Nations unies.
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Selon le Haut commissariat pour les réfugiés de l'Onu, le nombre de migrants qui ont atteint les rives de la Grèce a été multiplié par six cette année alors que la Grèce pourrait se retrouver en situation de défaut de paiement. "On m'explique que c'est la Grèce qui doit résoudre ce problème, c'est d'une hypocrisie invraisemblable", a dit Jean-Claude Juncker.
"On est là devant nos écrans de télévision, on voit ces gens mourir en haute mer, nous sommes en train de pleurer le soir devant nos écrans et le lendemain en venant en réunion à Bruxelles on dit 'occupez-vous des problèmes qui sont les vôtres'", a-t-il ajouté. "C'est le problème de chaque Européen, si la solidarité européenne a une chance de se manifester (...) c'est bien sur le dossier de la migration".
Paris et Berlin se sont dits prêts à examiner la proposition de la Commission européenne sur l'accueil des demandeurs d'asile à condition que ce dispositif soit "temporaire et exceptionnel" et obéisse à "une clé de répartition agréée et équitable".
"En France, on dispute la question des quotas, il ne s'agit pas de quotas il s'agit de répartir équitablement et solidairement les réfugiés", a répété Jean-Claude Juncker vendredi, estimant qu'il faudra bien à terme que la "France accepte d'accueillir un nombre plus grand de réfugiés".
La France, l'Allemagne, la Suède, l'Italie et le Royaume-Uni, se partagent actuellement 75% des demandeurs d'asile dans l'Union européenne. Avec le projet de la Commission européenne, l'Allemagne et la France accueilleraient à eux deux près de 40% des quelque 40.000 migrants concernés.
(Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse)
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