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"Acal", la région dont personne ne voulait

reuters.com

Publié le 30 novembre 2015 à 08:05 - Mis à jour le 30 novembre 2015 à 08:10

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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par Gilbert Reilhac

STRASBOURG (Reuters) - Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, la nouvelle région dont personne ne voulait, est un enjeu-clé pour la droite qui mise pour la conquérir sur son unique sortant Philippe Richert, gêné dans son entreprise par la poussée du Front national.

L'arithmétique électorale est favorable au président (Les Républicains) du conseil régional d'Alsace, même si deux des trois régions se sont donné un président de gauche depuis 2004.

L'accouchement au forceps de la nouvelle collectivité a toutefois laissé des cicatrices qui pèsent sur la campagne.

"En Champagne-Ardenne, ils se souviennent qu'on ne voulait pas d'eux", avouait Philippe Richert, début novembre.

L'ancien ministre des collectivités territoriales de Nicolas Sarkozy (2010-2012) avait porté en 2011 un projet de collectivité unique d'Alsace qu'une participation insuffisante au référendum organisé en 2013 avait envoyé aux oubliettes.

Le centriste avait tenté de rebondir en juin 2014 en proposant avec Jean-Pierre Masseret, son homologue socialiste de Lorraine, une fusion dans laquelle ils auraient vu du "sens".

Le Parlement a décidé de leur adjoindre Champagne-Ardenne, faute d'avoir trouvé pour celle-ci un autre prétendant.

Florian Philippot, vice-président du Front national et tête de liste dans la région, ironise sur les échecs de son adversaire de droite, qu'il devancerait ou suivrait de peu au premier tour, selon les sondages. L'Alsacien l'emporterait d'une courte tête au second tour.

LE FN VEUT REVENIR AUX ENTITÉS PASSÉES

"Philippe Richert a été incapable de défendre sa propre région. Je ne vois pas comment il fera, demain, pour défendre la grande région", dit-il à Reuters.

Le FN, s'il est porté au pouvoir, s'est engagé à revenir aux anciennes régions auxquelles seraient de surcroît retirées certaines prérogatives au profit des départements.

"Je ne suis pas président sortant, c'est un atout. Je ne peux pas être suspecté de vouloir favoriser un acteur plutôt qu'un autre", souligne Florian Philippot, parachuté en Moselle en 2012 où il n'a réussi à conquérir qu'un siège de conseiller municipal à Forbach, outre son mandat de député européen.

L'assertion est à peine démentie par sa volonté, au motif d'une meilleure centralité, de faire de Metz (Moselle) la capitale politique régionale, statut promis à Strasbourg.

Fort d'une présence régulière dans les médias, le bras droit de Marine Le Pen est en outre la seule des neuf têtes de liste familière aux électeurs des trois anciennes régions.

Philippe Richert le dit : s'il repart au combat, c'est pour relever deux défis, "réussir la réforme territoriale" et "conjurer la menace du Front national".

Aux électeurs qui craignent une perte des identités régionales, il insiste sur la menace que le FN ferait peser sur le droit local et des cultes concordataire, spécifiques à l'Alsace et à la Moselle.

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LES ALSACIENS SATISFAITS DE LEUR RÉGION

Jean-Pierre Masseret, qui conduit une liste socialiste handicapée par l'absence du Front de gauche et des écologistes, veut faire la différence avec un argument: "Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine est la seule région où l'on peut comparer une politique de gauche à une politique de droite", dit-il.

Il souligne la meilleure qualité de vie supposée des Lorrains et des Champenois par rapport à celle des Alsaciens, grâce aux subventions plus importantes versées par leur conseil régional dans des domaines comme les transports.

Un sondage BVA révélait pourtant fin octobre que les Alsaciens étaient les Français les plus satisfaits de la gestion de leur région (54% contre 36% des Lorrains et 35% des habitants de Champagne-Ardenne).

Face aux incertitudes du second tour, Florian Philippot relaye les rumeurs d'une possible fusion des listes de droite et de gauche, voire d'un désistement de la liste Masseret si celle-ci arrivait troisième. Les intéressés démentent formellement.

Philippe Richert estime de son côté qu'une partie des électeurs de gauche voteraient pour lui au second tour en cas de victoire possible du FN.

Un calcul qui, conjugué à ses convictions, a pu le conforter dans son refus de garder Nadine Morano sur sa liste, après les propos de la députée européenne LR, dans une émission de télévision, sur la France "pays de race blanche".

Tête de liste en Moselle, l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy avait été évincée par l'ancien chef de l'Etat.

(Edité par Yves Clarisse et Sophie Louet)

reuters.com

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