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La COP21 met les bouchées doubles pour rattraper son retard

reuters.com

Publié le 03 décembre 2015 à 15:20 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 04:28

La cop21 s'efforce de passer a la vitesse superieure

La cop21 s'efforce de passer a la vitesse superieure

STEPHANE MAHE

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Emmanuel Jarry

LE BOURGET (Reuters) - Les négociateurs de 195 pays réunis près de Paris pour tenter de mettre en forme un projet d'accord sur le climat se sont efforcés jeudi de passer à la vitesse supérieure après que la présidence française de la COP21 a tiré la sonnette d'alarme.

Objectif : éviter une réédition de l'échec de la conférence sur le climat de 2009, même si l'on refuse catégoriquement de parler à ce stade de "syndrome de Copenhague", tant du côté de la présidence que des organisations non gouvernementales.

Sur proposition du G77, qui fédère 134 pays en développement et émergents, et du groupe latino-américain, le secrétariat de la convention des Nations unis sur le climat (CCNUCC) a remis après une nuit de travail une nouvelle version du texte.

Celle-ci est plus courte mais elle confirme le maigre bilan tiré jeudi soir des trois premiers jours de discussions et de plus de 50 réunions de sous-groupes de travail.

La fondation Nicolas Hulot, l'envoyé spécial du président français pour les questions climatiques, a relevé le même nombre d'options ouvertes que dans la précédente version, environ 250, et un nombre plus grand encore de passages entre crochets, c'est-à-dire non tranchés (1.400 contre 1.250).

Les diplomates "facilitateurs", chargés d'animer les sous-groupes de travail ont reconnu que les discussions avançaient trop lentement. Le chef de la diplomatie française et président de la COP21 a réclamé une accélération.

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"Nous avons voulu marquer notre volonté d'avoir une présidence plus active" dans cette première phase de la conférence, explique-t-on de source proche de Laurent Fabius.

"Ce n'est pas à prendre à la légère", estime le porte-parole de la fondation Nicolas Hulot. "Si la COP15 a échoué il y a six ans, c'est notamment parce que le texte sorti de la première semaine comportait encore beaucoup trop d'options."

DÉSIR DE COMPROMIS

Matthieu Orphelin refuse cependant de parler de "syndrome de Copenhague" : "Nous avons appris de ce qui s'est passé il y a six ans et personne n'a envie de le revivre."

Un avis partagé par la présidence de la COP. "Il y a un grand désir de trouver des compromis", assure-t-on.

Il a fallu changer de méthode in extremis, les sous-groupes de travail chargés de plancher sur des parties du projet d'accord devant en principe remettre leur copie jeudi à 18h00.

Le groupe de contact, chargé de rassembler tous les morceaux du puzzle, s'est vu attribuer un rôle plus important dans la mise en forme du texte, au détriment de ces sous-groupes, dont le nombre de réunions a été considérablement réduit.

De leur côté, les "facilitateurs" ont été chargés d'élaborer des propositions de compromis sur les sujets les plus sensibles.

Le tout devant aboutir vendredi matin, après une nouvelle nuit de travail, à une nouvelle mouture du texte qui sera encore travaillé par les deux co-présidents du groupe de contact avant d'être remis samedi à midi à Laurent Fabius.

Une des difficultés est d'identifier dans la masse les "pépites" qui permettront de mettre tout le monde d'accord, reconnaît-on à la présidence française de la COP21, qui s'emploie à les tester auprès des délégations.

TRAITEMENT DIFFÉRENCIÉ

Mais nombre de points ne seront pas réglés samedi et devront l'être au niveau ministériel la semaine prochaine.

C'est le cas de tout ce qui touche au traitement différencié des pays selon leur niveau de développement, leurs capacités à s'adapter au changement climatique et leur responsabilité passée dans les émissions de gaz à effet de serre (GES).

Le financement de l'aide à l'adaptation des pays en développement à la nouvelle donne climatique est également un des points durs, ainsi que les objectifs à long terme.

Or le financement serait une condition posée par l'Inde et les pays africains pour accepter une révision à la hausse des engagements de réduction des GES tous les cinq ans.

Le futur accord de Paris est censé placer la planète sur la voie d'un modèle économique sobre en carbone pour limiter le réchauffement climatique à 2°C maximum en 2100.

Mais nombre de pays en développement militent pour un seuil plus ambitieux de 1,5°C, sachant que ce n'est qu'une moyenne et que certains subiront de toute façon des hausses plus élevées.

Les négociateurs n'ont pas encore tranché. Mais "comment ne garder aucune référence à 1,5% quand c'est une demande majeure des pays les plus vulnérables ?" fait valoir Matthieu Orphelin.

(Edité par Yves Clarisse)

reuters.com

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