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Les élections espagnoles devraient signer la fin du bipartisme

reuters.com

Publié le 18 décembre 2015 à 19:21 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 04:24

Les legislatives de dimanche en espagne devraient marquer la fin du bipartisme

Les legislatives de dimanche en espagne devraient marquer la fin du bipartisme

© Marcelo del Pozo / Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Julien Toyer et Angus Berwick

MADRID/VALENCE (Reuters) - Les élections législatives de dimanche en Espagne s'annoncent comme les plus ouvertes depuis quarante ans, les grandes formations traditionnelles, le Parti populaire (PP) et le Parti socialiste (PSOE), devant faire face à la montée de deux nouveaux venus, Podemos et Ciudadanos.

Ce scrutin devrait marquer la fin du bipartisme qui s'est établi au fil des consultations depuis la mort de Francisco Franco en 1975 et le retour à la démocratie.

L'émergence de nouvelles forces politiques complique la formation de gouvernements stables et durables mais traduit le désir d'une partie de l'électorat - c'est également le cas dans d'autres pays européens comme la France et le Portugal - d'abandonner le schéma classique des alternances entre droite et gauche, au profit de partis considérés comme populistes.

Les sondages donnent en tête le Parti populaire (PP, droite) du président du gouvernement Mariano Rajoy, sans qu'il obtienne toutefois la majorité absolue.

Mercredi, Mariano Rajoy a évoqué une possible alliance avec d'autres formations pour assurer la stabilité politique pendant les quatre années de la prochaine législature mais les principaux partis de l'opposition excluent de participer à une coalition avec le PP.

En cas d'impasse, les analystes craignent que les incertitudes politiques n'entravent le programme de réformes économiques qui a permis de sortir le pays de la récession et de faire baisser le chômage qui reste toujours à un niveau préoccupant, à 21% de la population active.

Reste que de nombreux Espagnols voient dans ces élections une occasion de bousculer un système politique qu'ils jugent corrompu et inefficace.

"Le PP et les socialistes sont à bout de souffle. Ils ont fait des tas de promesses qu'ils n'ont pas tenues et j'espère que Podemos apportera enfin le changement", confie Cristian Ciudad, un poissonnier de 22 ans qui travaille sur le marché de Valence, dans le sud-est du pays.

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Beaucoup de ses amis, dit-il, voteront comme lui pour Podemos ("Nous pouvons"), parti de gauche anti-austérité qui pourrait selon eux apporter du travail aux jeunes.

"Pas de travail, pas d'argent. Pas d'argent, pas de maison, et rien de tout ce qu'il faut pour vivre", dit Cristian Ciudad.

20% D'INDÉCIS

Vingt pour cent des électeurs n'ont toujours pas décidé pour qui ils allaient voter mais ce serait vraiment une énorme surprise si les conservateurs du PP n'étaient pas en tête dimanche.

Les socialistes du PSOE devraient arriver en deuxième position, devant Podemos et un autre nouveau parti, Ciudadanos ("Citoyens"), une formation libérale, qui se disputent la troisième place dans l'espoir de devenir des "faiseurs de roi".

Le chef de file du PSOE, Pedro Sanchez, et le numéro un de Ciudadanos, Albert Rivera, ont rejeté toute idée de coalition avec le PP.

"Ce serait une déception pour les millions d'électeurs de Ciudadanos si nous entrions dans un gouvernement ou dans une coalition avec des partis qui représentent les moeurs politiques du passé", a déclaré Albert Rivera dans une interview télévisée lundi dernier.

"Il est possible d'être dans l'opposition et de soutenir l'investiture d'un autre parti mais je ne le ferai pas", a-t-il ajouté.

Pourtant, au niveau local, Ciudadanos soutient des gouvernements de gauche ou de droite dans cinq régions.

Un gouvernement socialiste avec l'appui de Podemos est également possible mais le dirigeant du nouveau mouvement, Pablo Iglesias, exige d'importantes concessions pour envisager cette option.

"Les nouveaux partis pourraient considérer simplement le scrutin de dimanche comme un premier tour et en attendre un second qui leur permettrait, espèrent-ils, de devenir dominants", explique le politologue Antoni Gutierrez Rubi, de la société de conseil Ideograma.

Pour lui, ce serait une mauvaise chose qui compliquerait la marche des réformes et pourrait même entraîner de nouvelles élections.

(Avec Inmaculada Sanz, Guy Kerivel pour le service français)

reuters.com

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