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Podemos devenu une force incontournable en Espagne en deux ans

reuters.com

Publié le 21 décembre 2015 à 15:35 - Mis à jour le 21 décembre 2015 à 15:40

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04 juin 2026

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par Angus Berwick

MADRID (Reuters) - Podemos nourrissait deux ambitions en participant à ses premières élections législatives en Espagne, deux ans après sa création : déloger du pouvoir le Parti populaire (PP) conservateur et remplacer le PSOE en tant que première force de gauche.

S'il a manqué de peu son deuxième objectif, il paraît en mesure de remplir le premier après avoir contribué dimanche à dynamiter le bipartisme en vigueur depuis l'avènement de la démocratie en Espagne dans les années 1970.

Troisième du scrutin, l'alliance formée autour de Podemos ("Nous pouvons") apparaît comme incontournable si les socialistes du PSOE veulent à nouveau diriger un gouvernement mais Pablo Iglesias, chef de file du mouvement, a fixé ses conditions pour reconduire au niveau national une alliance qui existe déjà dans certaines régions.

"Un nouveau chapitre de compromis historiques s'ouvre dans notre pays", a déclaré lundi l'ancien professeur de sciences politiques. "Chacun de nous va devoir réfléchir au cours des prochaines semaines sur la façon dont ces élections soutiennent une transition vers un nouveau système politique."

Son mouvement, qui prétend incarner une autre forme de représentation politique, réclame une nouvelle Constitution comprenant quatre exigences principales : davantage de protection sociale, un nouveau code électoral, des mécanismes de contrôle du gouvernement et la reconnaissance de l'Espagne en tant que pays composé de multiples identités nationales.

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Pour parvenir à un accord avec le PSOE et accéder au pouvoir, Podemos va néanmoins devoir faire certaines concessions.

Ce mouvement fondé sur la dénonciation de la classe politique traditionnelle va en premier lieu devoir intégrer le jeu de la démocratie représentative, une voie qu'il semble en mesure d'emprunter comme l'illustre sa courte existence.

PROPOSITIONS ÉDULCORÉES

Pablo Iglesias est ainsi un ardent défenseur d'Alexis Tsipras, qu'il est allé soutenir en septembre à Athènes lorsque le Premier ministre grec menait campagne pour sa réélection après avoir conclu un accord avec les créanciers de la Grèce et accepté une libéralisation accrue de l'économie et des baisses de dépenses contraires à ses précédentes promesses.

"A l'origine, (Podemos) pensait que, pour glisser le pied dans la porte, il devait être très radical pour se distinguer mais, avec le temps, il est devenu plus modéré pour élargir la base de ses soutiens", souligne Ivan Llamazares, professeur de sciences politiques à l'université de Salamanque.

Dans les mois précédant les élections, Podemos a ainsi atténué certaines de ses propositions, ce qui semble lui avoir permis de contrer l'émergence d'une autre force nouvelle sur la scène politique espagnole, les centristes de Ciudadanos, arrivés quatrièmes dimanche.

Ses propositions concernant la création d'un revenu universel de base, la restructuration de la dette de l'Espagne ou la nationalisation des secteurs de l'énergie ou de la santé ont été édulcorées ou abandonnées, rappelle Ivan Llamazares.

Pour améliorer ses chances électorales, le mouvement a enrôlé des candidats indépendants tels que les maires de Madrid et de Barcelone, des juges ou encore un ancien chef d'état-major de l'armée espagnole.

Dans un autre parallèle avec la Grèce, où le parti d'Alexis Tspiras s'est divisé sur le nouveau plan d'aide accepté par le Premier ministre, Podemos a écarté certains de ses membres les plus radicaux, dont son cofondateur Juan Carlos Monedero, critique envers l'attitude de Pablo Iglesias, accusé de vouloir étouffer la base du mouvement.

Irene Montero, que Pablo Iglesias aimerait porter à l'une des deux vice-présidences du gouvernement, rejette la thèse selon laquelle Podemos tournerait le dos à ses idéaux.

"Nous nous voyions comme une force qui voulait donner une voix à ceux qui n'en avaient pas", a dit cette déléguée de Podemos, âgée de 27 ans, dans une interview téléphonique à Reuters. "Et petit à petit, nous avons mûri, ce qui ne signifie pas que nous ayons renoncé à nos principes."

(Bertrand Boucey pour le service français, édité par Danielle Rouquié)

reuters.com

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