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Le gouvernement s'efforce de reprendre la main en Corse

reuters.com

Publié le 30 décembre 2015 à 09:15 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 04:22

Le gouvernement veut reprendre la main en corse apres des violences

Le gouvernement veut reprendre la main en corse apres des violences

© Charles Platiau / Reuters

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PARIS (Reuters) - Le gouvernement s'efforce de reprendre la main en Corse après les violences de la semaine dernière à Ajaccio et la victoire des nationalistes aux élections régionales de décembre.

"L'Etat ne reculera jamais" en Corse, assure le Premier ministre, Manuel Valls, dans une interview publiée mercredi par Le Parisien, quelques heures avant un déplacement sur l'île du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

Deux pompiers et un policier ont été agressés la veille de Noël dans la cité "Les Jardins de l'Empereur", à Ajaccio, où ils intervenaient pour éteindre un incendie criminel.

Deux jours de manifestations teintées de racisme, parfois au cri de "Les Arabes dehors", ont suivi à Ajaccio et une salle de prière musulmane a été saccagée.

Deux hommes ont été mis en examen mardi dans l'enquête sur les violences du 24 décembre.

Dans son interview au Parisien, le Premier ministre renvoie dos à dos les auteurs de ces violences et les manifestants xénophobes de vendredi et samedi.

"Entraîner les sapeurs-pompiers et ceux qui représentent l'ordre républicain dans un guet-apens (...) est un acte intolérable", dit-il. "Les soi-disant représailles racistes et antimusulmanes commises par une horde voulant faire justice elle-même le sont tout autant."

Il assure que la Corse "n'est pas une zone de non-droit" et que l'Etat français y restera présent. Il explique le fait que Bernard Cazeneuve ait attendu six jours pour se rendre sur place par la nécessité de rétablir d'abord l'ordre à Ajaccio.

Le ministre de l'Intérieur doit visiter la salle de prière vandalisée, rencontrer les pompiers agressés le 24 décembre, des habitants du quartier des Jardins de l'Empereur, des policiers et des gendarmes, des représentants du conseil régional du culte musulman et des élus.

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"CERTAINS SLOGANS DOIVENT DISPARAÎTRE"

Les élus nationalistes corses, désormais à la tête de l'Assemblée territoriale, se sont efforcés depuis le début de la semaine de ramener le calme par des gestes d'apaisement, avec le concours des pompiers locaux. Ces derniers ont notamment lancé mardi un appel au calme lors d'une conférence de presse.

La veille, le nouveau président de l'Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, et son homologue du conseil exécutif territorial, Gilles Simeoni, avaient reçu des représentants de la communauté musulmane de l'île.

Le préfet de Corse a interdit les manifestations aux abords de la cité des Jardins de l'Empereur jusqu'au 4 janvier.

"L'Etat prendra toutes ses responsabilités en combattant tous les appels à la haine et à la violence", jure Manuel Valls.

Il invite les nationalistes corses à "faire le ménage" dans leurs propres rangs : "Certains slogans doivent disparaître."

Il précise qu'il ira lui-même en Corse au premier semestre 2016. "L'Etat n'abandonnera jamais la Corse", insiste-t-il.

Manuel Valls rejette toute idée de "séparation" de l'île de la République française. "Certains parlent d'une nation corse. Mais je ne sais pas trop ce que cela veut dire", explique-t-il. "Il n'y a qu'une seule nation, la nation française."

"La République reconnaît à l'île un statut particulier du fait (...) de son histoire, de sa culture, de sa langue" mais "il n'y a pas de séparation possible. L'attachement de la Corse à la République française n'est et ne sera jamais négociable."

Après la victoire surprise des nationalistes aux régionales, Jean-Guy Talamoni a déclaré que la question de l'indépendance se poserait "en son temps". Dans son discours d'intronisation prononcé en langue corse, le 17 décembre, il a dit que l'île "n'était pas un morceau d'un autre pays mais une nation".

Manuel Valls a rejeté six jours plus tard sur TF1 les revendications formulées par les nationalistes, dont le transfert des "prisonniers politiques" corses sur l'île et un statut de langue officielle pour le corse.

(Emmanuel Jarry, édité par Jean-Stéphane Brosse)

reuters.com

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