Coup de filet contre le parti pro-kurdes HDP, attentat à Diyarbakir
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Attentat a la voiture piegee en turquie
© Sertac Kayar / Reuters
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Attentat a la voiture piegee en turquie
© Sertac Kayar / Reuters
ANKARA (Reuters) - Une voiture piégée a explosé vendredi matin à Diyarbakir, la grande ville kurde du sud-est de la Turquie, quelques heures après l'arrestation de douze parlementaires du Parti démocratique des peuples (HDP, pro-kurde), dont ses deux co-présidents, Selahattin Demirtas et Figen Yuksekdag.
D'après le ministre turc de la Justice, Bekir Bozdag, l'attentat a fait plusieurs morts, tant civils que policiers, et de nombreux blessés. Un précédent bilan, relayé par des médias turcs, faisait état d'un mort et d'une trentaine de blessés. Des sources proches de la sécurité contactées par Reuters parlent d'un mort et plus de 40 blessés.
L'attaque a été imputée aux séparatistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), classé organisation terroriste par le gouvernement turc mais aussi par les Etats-Unis et l'Union européenne.
L'explosion s'est produite dans le quartier de Baglar, près d'un commissariat de police où sont gardés à vue plusieurs des élus du HDP arrêtés la veille dans le cadre d'une enquête antiterroriste, a-t-on appris de sources proches de la sécurité.
Au total, douze députés du Parti démocratique des peuples (HDP, pro-kurde) ont été arrêtés. Les autorités turques leur reprochent d'avoir refusé de témoigner dans des dossiers liés à "la propagande terroriste".
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Selahattin Demirtas et Figen Yuksekdag, qui co-président le parti, ont été arrêtés à leur domicile, à Diyarbakir, pour le premier et à Ankara pour la seconde.
Le député Imam Tascier, dont l'arrestation n'avait pas été annoncée par le ministère de l'Intérieur, a écrit vendredi sur Twitter qu'il avait été interpellé par une unité de la police antiterroriste.
MOGHERINI FAIT PART DE SA "PRÉOCCUPATION EXTRÊME"
La police a également mené des perquisitions dans les locaux du HDP à Ankara. Des images diffusées par la télévision montrent des responsables du parti apostrophant la police et un journaliste de Reuters a constaté que des véhicules de police bouclaient les alentours du bâtiment.
"Le HDP appelle la communauté internationale à réagir contre le coup d'Etat que mène le régime d'Erdogan", a déclaré le HDP sur son compte Twitter.
Sur le même site de microblogging, Federica Mogherini, la Haute Représentante de l'UE pour la politique extérieur et de sécurité commune, s'est dite "extrêmement préoccupée par l'arrestation de Demirtas et des autres élus du HDP" et a ajouté être en contact avec les autorités, appelant à une réunion des ambassadeurs de l'UE en poste à Ankara.
"C'est une très mauvaise nouvelle pour la Turquie. Encore une fois", a déploré pour sa part la Néerlandaise Kati Piri, rapporteur du Parlement européen sur la Turquie.
Selon de nombreux Turcs, l'accès aux réseaux sociaux tels que Twitter, Facebook ou au système de messagerie WhatsApp, a été perturbé à la suite de ces arrestations. Turkey Blocks, une organisation spécialisée dans la surveillance d'internet, a confirmé que l'accès à Twitter et à la messagerie WhatsApp avait été bloqué dans le pays.
Ankara accuse de longue date les membres du HDP d'être liés au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), ce que réfute la formation d'opposition.
Avec 59 sièges, le HDP est la troisième force politique au Parlement turc. Depuis juin, les députés ne sont plus protégés par l'immunité parlementaire
La Turquie vit sous le régime de l'état d'urgence depuis la tentative de coup d'Etat du 15 juillet dernier. Plus de 110.000 fonctionnaires, policiers, soldats, juges, journalistes et autres ont été arrêtés. Ils sont soupçonnés de liens avec le réseau de Fethullah Gülen, prédicateur exilé aux Etats-Unis qu'Ankara présente comme l'instigateur du putsch avorté.
Les pouvoirs élargis liés à l'état d'urgence ont également conduit à des arrestations de responsables politiques de l'opposition pro-kurde et à la fermeture de nombreux organes de presses, dont tous les grands médias kurdes.
(Ece Toksabay et Ayla Jean Yackley; Nicolas Delame et Henri-Pierre André pour le service français)
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