Juncker choqué par les propos du commissaire Oettinger
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Les propos du commissaire oettinger choquent juncker
© Vincent Kessler / Reuters
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Les propos du commissaire oettinger choquent juncker
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BRUXELLES (Reuters) - Jean-Claude Juncker déplore dans une interview publiée samedi par le quotidien Le Soir les propos du commissaire européen Günther Oettinger qui ont offensé la Chine, les homosexuels et les Wallons mais le président de la Commission européenne se dit convaincu que cette sortie n'était pas représentative de sa pensée.
Le commissaire allemand chargé de l'Economie et de la Société numérique, et qui doit être promu vice-président chargé du Budget en début d'année prochaine, a fini par présenter jeudi ses excuses pour ses déclarations faites le mois dernier à Hambourg.
Devant un parterre d'hommes d'affaires, il avait utilisé le terme "bridés" pour parler des Chinois, ironisé sur le "mariage homosexuel obligatoire" et moqué les réticences de l'exécutif de la région wallonne face au CETA, le traité commercial entre l'Union européenne et le Canada.
"Un commissaire ne peut tenir de propos pareils", déclare Jean-Claude Juncker dans sa première interview consacrée à l'affaire Oettinger - la rédaction du quotidien belge précise qu'elle n'a pas sollicité cet entretien mais que le président de la Commission européenne lui-même a souhaité la rencontrer.
"Je lui ai dit qu'il doit s'excuser auprès de ceux qui ont pu se sentir visés", poursuit Juncker, ajoutant que dans sa conception du travail réalisé à Bruxelles, "les commissaires devraient s'en tenir dans leurs propos publics aux problèmes qui touchent à leur portefeuille, et ne pas donner libre cours à toutes sortes d'inspirations hasardeuses".
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L'ancien Premier ministre luxembourgeois ajoute qu'il n'a pris connaissance que mercredi soir des propos tenus par son commissaire allemand, qu'il qualifie de "maladresse".
"Je pense sincèrement que ses propos n'ont pas traduit sa pensée. C'est un homme libéral sur les questions sociétales, et j'ai donc été surpris par ses propos", continue Juncker.
L'affaire Oettinger est une pierre de plus dans le jardin de l'Union européenne en général et de la Commission européenne en particulier, en proie à des critiques de plus en plus vives.
En début de semaine déjà, des voix se sont élevées contre l'avis du comité d'éthique de l'exécutif de l'UE qui a jugé que, même s'il n'avait pas fait preuve d'un "bon jugement", José Manuel Barroso n'avait violé aucune règle en rejoignant la banque d'affaires américaine Goldman Sachs après son départ de la présidence de la Commission.
Interrogé sur ce dossier, Juncker précise qu'"(il)(se)refuse d'agir et réagir au tempo dicté par la presse" mais "tire une conclusion du rapport du comité d'éthique: il faut changer le code éthique".
"Je proposerai au collège des commissaires d'allonger la période de latence pour la faire passer de 18 mois à 3 ans pour le président de la Commission", ajoute-t-il, évoquant le laps de temps pendant lequel un ex-membre de la Commission ne peut accepter un travail lié à des dossiers sur lesquels il a travaillé à Bruxelles.
"J'ai peut-être attendu trop longtemps pour dire ce que j'en pensais moralement. L'important est que je tire les conséquences pour moi-même de l'événement. Mais j'ai un peu de mal à accepter qu'on critique ma Commission de toutes les responsabilités des comportements précédents", dit encore Juncker.
(Alissa de Carbonnel; Henri-Pierre André pour le service français)
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