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Daniel Ortega favori pour un troisième mandat au Nicaragua

reuters.com

Publié le 06 novembre 2016 à 11:48 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 03:15

Daniel ortega favori pour un troisieme mandat au nicaragua

Daniel ortega favori pour un troisieme mandat au nicaragua

© Oswaldo Rivas / Reuters

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par Enrique Pretel et Ivan Castro

MANAGUA (Reuters) - Ancien guérillero converti aux bienfaits de l'économie de marché, homme politique le plus populaire au Nicaragua, le président Daniel Ortega sollicite ce dimanche un troisième mandat présidentiel de cinq ans, et sa victoire fait peu de doute.

Selon un sondage de M&R Consultants publié mardi, le candidat du Front sandiniste de libération nationale (FSLN) obtiendrait 69,8% des suffrages, contre 8,1% à Maximino Rodriguez, candidat du Parti libéral constitutionnaliste (PLC) de droite.

A 70 ans, Daniel Ortega peut s'enorgueillir de présider aux destinées d'un pays certes pauvre, mais stable et doté d'une croissance économique régulière depuis dix ans. Les investissements étrangers affluent dans le petit pays d'Amérique centrale où, inexistants il y a quelques années, des centres commerciaux flambant neufs, des hôtels sont construits.

Depuis son retour au pouvoir, en 2006, après une décennie dans l'opposition, le PIB par habitant au Nicaragua a augmenté de 67%, selon la Banque mondiale. Il se situait en 2015 à 2.087 dollars.

"Aujourd'hui plus que jamais nous avons besoin de préserver la paix, la stabilité et de nouveaux progrès dans la lutte contre la pauvreté, la pauvreté extrême", a-t-il dit lors d'une campagne axée sur la défense des acquis sociaux.

Mais tout le monde ne partage pas cet avis et les détracteurs de Daniel Ortega voient en lui un autocrate aux tendances despotiques et adeptes du népotisme.

On dit de lui qu'il a la mainmise sur l'appareil judiciaire, la police et les forces armées. Il a nommé de nombreux proches à des postes clés et fait adopter un changement de la Constitution levant la limite au nombre de mandats présidentiels.

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L'OPPOSITION DIVISÉE

Ses rivaux l'accusent de mettre en place une dynastie similaire à celle des Somoza que le jeune Ortega et les Sandinistas renversèrent en 1979. Le rôle grandissant de son épouse, Rosario Murillo, qui se présente à ses côtés aux suffrages des électeurs au poste de vice-présidente, est particulièrement critiqué par l'opposition.

"Ortega s'impose et peu lui importe s'il viole les droits des autres", a dénoncé Maximino Rodriguez dans une interview à Reuters.

"Il est supposé avoir combattu la dictature d'(Anastasio) Somoza, mais les sandinistes eux-mêmes le cataloguent aujourd'hui comme étant pire que Somoza", ajoute le candidat du Parti libéral constitutionnaliste (PLC), un ancien des "Contras", groupe paramilitaire d'extrême droite engagé contre les sandinistes dans les années 1980.

La campagne d'Ortega a été facilitée par l'éclatement du Parti libéral indépendant (PLI), principale formation de l'opposition qui s'est divisée entre les partisans de ses deux chefs rivaux, Pedro Reyes et Eduardo Montealegre. Les partisans de ce dernier, désavoué en justice, ont été exclus du parti. Ils présentent Reyes comme une "marionnette" d'Ortega.

Les Etats-Unis et des organisations internationales comme la Commission inter-américaine des droits de l'homme (CIDH) ont fait part de leur préoccupation après l'exclusion des pro-Montealegre mais s'inquiètent aussi du refus d'Ortega d'accepter que des observateurs internationaux assistent au processus électoral, pour lequel 4,3 millions de Nicaraguayens sont inscrits.

(Gilles Trequesser et Henri-Pierre André pour le service français)

reuters.com

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