Les Haïtiens aux urnes un mois après l'ouragan Matthew
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Les haitiens commencent a voter pour designer un nouveau president
© Andres Martinez Casares / Reu
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Les haitiens commencent a voter pour designer un nouveau president
© Andres Martinez Casares / Reu
par Makini Brice
PORT-AU-PRINCE (Reuters) - Les Haïtiens ont commencé à voter dimanche pour désigner un nouveau président après l'invalidation pour fraude d'un scrutin organisé en octobre 2015.
Le contexte est toutefois peu propice à la tenue d'une élection dans un pays encore meurtri par le passage début octobre de l'ouragan Matthew, qui a fait un millier de morts, détruit les récoltes et provoqué une épidémie de choléra.
Les bureaux de vote devaient théoriquement ouvrir à 6h00 (11h00 GMT) mais certains ont eu du retard et la participation semblait faible dans la matinée.
Après une année d'incertitude politique, les enjeux de cette élection portent sur le redressement de l'économie et la création d'emplois.
Aujourd'hui, 1,4 million d'Haïtiens sur une population de 10 millions sont toujours dépendants de l'aide humanitaire.
Les dégâts provoqués par l'ouragan pourraient peser sur la participation d'électeurs déjà mécontents de la lenteur avec laquelle l'assistance aux victimes est mise en place.
"Tout le monde parle de l'élection. Mais il n'y a aucun candidat pour lequel je veux voter", se désole Joseph Jeanvinil, employé dans un sanatorium à Las Cayes, sur côte sud-ouest.
"Je suis toujours dans ma maison qui a été détruite. Je n'ai pas encore trouvé d'argent" pour réparer les dégâts provoqués par l'ouragan, ajoute-t-il.
Le premier tour de l'élection présidentielle qui s'était tenu le 25 octobre 2015 avait été invalidé par un conseil électoral sur recommandation d'une commission mise en place pour examiner des accusations de fraude.
Le président sortant, Michel Martelly, a quitté ses fonctions au mois de février et un président intérimaire, Jocelerme Privert, a été désigné tandis qu'un gouvernement, conduit par l'ancien gouverneur de la banque centrale Fritz Alphonse Jean était chargé d'organiser une nouvelle élection.
Celle-ci devait se tenir le 9 octobre mais le passage de Matthew a obligé les autorités à décider un nouveau report.
UNE VINGTAINE DE CANDIDATS
Une vingtaine de candidats sont en lice.
Un récent sondage de l'institut Brides montre que Jovenel Moïse, un chef d'entreprise peu expérimenté en politique, pourrait l'emporter dès le premier tour sous la bannière du parti Tèt Kale ("Tête chauve") de Michel Martelly.
Mais les sondages d'opinion en Haïti sont notoirement peu fiables.
D'autres candidats à suivre sont Jude Célestin, directeur d'une entreprise publique de BTP, Moïse Jean-Charles, un ancien sénateur, et Maryse Narcisse, docteur qui jouit du soutien de l'ancien président Jean-Bertrand Aristide.
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Pour être élu au premier tour, un candidat doit obtenir plus de 50% des suffrages ou disposer d'une avance de plus de 25 points sur le candidat arrivé en deuxième position.
A défaut, les deux meilleurs prétendants s'affronteront lors d'un second tour prévu le 29 janvier. Le vainqueur devrait prendre ses fonctions en février.
Pour les observateurs de la scène haïtienne, la question principale est de savoir si les électeurs choisiront de se déplacer.
"Même si les autorités arrivent à acheminer tout le matériel électoral requis dans les bureaux de vote, reste à savoir si les gens auront envie d'aller voter", dit Jake Johnston, spécialiste d'Haïti au Center for Economic and Policy Research, un centre de réflexion basé à Washington.
(Pierre Sérisier et Gilles Trequesser pour le service français)
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