Des réfugiés birmans affluent au Bangladesh et en Chine
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COX'S BAZAR, Bangladesh/RANGOUN (Reuters) - Plusieurs centaines de musulmans Rohingyas ont franchi la frontière avec le Bangladesh durant le week-end et lundi, cherchant à fuir les violences dans le nord-ouest de la Birmanie qui ont fait au moins 86 morts et dans les 30.000 déplacés.
Un responsable de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui a requis l'anonymat, dit avoir vu plus de 500 personnes atteindre lundi les camps de cette agence de l'Onu installés du côté bangladais de la frontière.
Le bain de sang signalé ces derniers jours est le plus meurtrier depuis que plusieurs centaines de personnes ont péri dans des affrontements en 2012 dans l'Etat d'Arakan. C'est à ce jour le défi le plus sérieux qu'ait à relever le gouvernement civil en fonction depuis huit mois, dominé par la figure d'Aung San Suu Kyi.
Les 1,1 million de Rohingyas installés en Birmanie, considérés comme des immigrés clandestins venus du Bangladesh par nombre de bouddhistes birmans, ne peuvent avoir la nationalité birmane et leurs déplacements sont soumis à de sévères restrictions.
Des soldats birmans ont été dépêchés le long de la frontière avec la Bangladesh, en riposte aux attaques coordonnées qui ont visé trois postes-frontières le 9 octobre et fait neuf morts dans les rangs des policiers.
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L'armée et le gouvernement birmans rejettent les accusations d'habitants et de défenseurs des droits de l'homme concernant le viol de femmes Rohingyas, les meurtres de civils et les destructions d'habitations commis par l'armée durant l'opération militaire menée dans l'Etat d'Arakan.
L'ONG Human Rights Watch a déclaré au cours du week-end que des images satellites datant des 10, 17 et 18 novembre faisaient apparaître que 820 bâtiments avaient été détruits dans cinq villages du nord de l'Etat d'Arakan, ce qui porte à 1.250 le nombre total de bâtiments détruits.
De son côté, la Chine a accordé refuge à plus de 3.000 personnes qui ont fui des combats entre l'armée régulière et des groupes rebelles dans le nord de la Birmanie, ont rapporté mardi des médias chinois et le gouvernement de Pékin.
Quatre groupes armés rebelles ont attaqué les forces de sécurité dans le nord de la Birmanie, portant un coup sérieux à l'objectif d'Aung San Suu Kyi de conclure la paix avec les minorités ethniques en lutte.
La Chine a placé ses forces armées en état d'alerte et appelé l'ensemble des parties à faire preuve de retenue.
Les réfugiés birmans, parmi lesquels figurent des blessés, sont arrivés dans la province du Yunnan, dans le sud de la Chine. Des obus tirés de Birmanie sont tombés sur Wanding, un poste-frontière chinois où des dégâts mineurs ont été constatés, a rapporté la télévision nationale chinoise.
(Mohammad Nurul Islam et Wa Lone, avec Ben Blanchard à Pékin; Eric Faye pour le service français)
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