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Macron se pose en recours contre le Front national

reuters.com

Publié le 23 novembre 2016 à 14:28 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 03:10

Emmanuel macron se pose en recours contre le front national

Emmanuel macron se pose en recours contre le front national

JEAN-PAUL PELISSIER

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Une semaine après l'annonce de sa candidature à l'élection présidentielle de 2017, Emmanuel Macron se pose en recours contre l'arrivée au pouvoir du Front national dans un livre publié jeudi, "Révolution", dans lequel il règle des comptes.

L'ancien conseiller et ex-ministre de l'Economie de François Hollande renvoie dos à dos la droite, en pleine bataille pour la désignation de son candidat, et la gauche de gouvernement.

"Je ne me résous pas à être enfermé dans des clivages d'un autre temps", écrit l'ancien banquier de 38 ans, qui consent à être qualifié à la fois de libéral et d'homme de gauche mais juge les partis traditionnels "morts".

"Si nous ne nous ressaisissons pas, dès le mois de mai prochain, ou dans cinq ans, ou dans dix ans, le Front national sera au pouvoir", ajoute Emmanuel Macron, qui assure dans Le Point proposer "le seul discours alternatif au FN".

Dans cet ouvrage de 264 pages, obtenu par Reuters et tiré dans un premier temps à 200.000 exemplaires par l'éditeur XO Editions, il fait cependant un détour par un long récit de ses origines, d'Amiens à l'Elysée et Bercy en passant par des études de philosophie, Sciences Po, l'Ecole nationale d'administration.

Il revient sur une "enfance dans les livres" dans une famille de médecins hospitaliers et auprès d'une grand-mère enseignante, sa rencontre avec son épouse Brigitte, dont il était l'élève au Lycée d'Amiens avant de monter à Paris, et les rencontres qui l'ont conduit à s'engager en politique.

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De ses quatre ans à la banque d'affaires Rothschild, sur lesquelles ses détracteurs l'attaquent régulièrement, il dit ne rien regretter. "J'y ai appris un métier ; tous les responsables politiques devraient en avoir un", fait-il valoir.

Il dit aussi assumer les conseils prodigués à François Hollande, les bons comme les mauvais, comme secrétaire général de l'Elysée pendant deux ans, à partir de 2012, et la politique conduite ensuite au ministère de l'Economie, échecs compris.

"Puis vint le temps des blocages et des désaccords" après les attentats de novembre 2015 à Paris : il dénonce "l'absence de véritable volonté réformiste" et d'ambition européenne et le "débat stérile" sur la déchéance de nationalité.

GENDRE IDÉAL ET FILS REBELLE

Des désaccords qui le conduisent à créer son mouvement "En Marche !" en avril 2016 et à quitter le gouvernement fin août.

Il rejette l'accusation de trahison brandie par ses anciens collègues mais également à droite.

"Lorsqu'on dit que j'aurais dû obéir au président comme une machine, renoncer à mes idées, enchaîner à son destin la réalisation de ce que je crois juste, simplement parce qu'il m'avait nommé ministre, que dit-on ? Que l'idée du bien public doit s'effacer devant celle du service rendu."

"C'est à mon pays seul que va mon allégeance, non à un parti, à une fonction ou à un homme", ajoute Emmanuel Macron.

Il dénonce au passage les critiques et les calomnies de "ceux dont la loyauté va (...) à un système" qui leur assure "avantages" et "prébendes".

L'ancien protégé de François Hollande aux allures policées de gendre idéal s'affiche en fils rebelle :

"J'ai décidé de ne payer aucun tribut à un système politique qui ne m'a jamais véritablement reconnu pour l'un des siens", écrit-il. "Si j'ai décidé de défier les règles de la vie politique, c'est que je ne les jamais acceptées."

Et d'estimer plus loin avec des accents marxisants en apparence éloignés de ses sources d'inspiration : "Nous sommes en train de vivre un stade final du capitalisme mondial qui, par ses excès, manifeste son incapacité à durer véritablement."

S'il se défend d'avoir écrit un ouvrage-programme, il n'en livre pas moins, après un diagnostic sévère de l'état du pays, les grandes lignes d'un projet ([L8N1DO2IK]) dans lequel il prend souvent le contrepied du gouvernement qu'il a servi.

Il s'élève ainsi contre la "prolongation sans fin" de l'état d'urgence, qui pose selon lui "plus de questions qu'elle ne résout de problèmes".

Il promet par ailleurs de transformer en allègements de charges pour les entreprise le crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), dont il a été un artisan comme conseiller de François Hollande.

Il laisse d'autre part entendre qu'il réformera l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), tabou pour la gauche.

(Edité par Yves Clarisse)

reuters.com

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