Sommet UE-Ukraine à Bruxelles sur fond d'impatience
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Sommet ue-ukraine a bruxelles sur fond d'impatience
FRANCOIS LENOIR
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Sommet ue-ukraine a bruxelles sur fond d'impatience
FRANCOIS LENOIR
BRUXELLES (Reuters) - Les dirigeants des institutions européennes et le président ukrainien Petro Porochenko se sont retrouvés en sommet jeudi à Bruxelles à un moment où les velléités de consolidation du rapprochement avec Kiev se heurtent à des interrogations en Europe sur l'ampleur de la corruption en Ukraine.
Vu de Kiev, les Européens doivent faire face au reproche de ne pas soutenir suffisamment l'Ukraine dans sa confrontation avec la Russie.
Le reproche est d'autant plus actuel que Donald Trump a promis de réparer les liens avec Moscou et que les Ukrainiens redoutent de faire les frais d'un rapprochement russo-américain - à Bruxelles, Porochenko a toutefois affirmé qu'il ne s'attendait pas à une modification significative de la politique américaine après s'être récemment entretenu au téléphone avec Donald Trump.
A cette aune, le blocage d'un accord sur la levée des visas pour les Ukrainiens désireux de se rendre dans les pays de l'UE et le rejet par les électeurs néerlandais de l'accord renforçant les relations commerciales et politiques avec Kiev sont considérés comme autant de signaux de l'insuffisance de l'engagement européen.
La venue de Porochenko à Bruxelles coïncide avec le troisième anniversaire du soulèvement pro-européen de la place Maïdan à Kiev, qui allait emporter le gouvernement prorusse de Viktor Ianoukovitch en février 2014.
"Trois ans depuis EuroMaïdan. L'Ukraine sur la bonne voie sous la direction du président Porochenko. Le soutien de l'UE reste fort", a écrit sur son fil Twitter le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk.
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Mais les aspirations occidentales de l'ancienne république soviétique ont eu un prix très lourd (manifestations meurtrières à Kiev, annexion de la Crimée par la Russie en mars 2014, persistance d'un conflit dans l'Est séparatiste qui a fait près de 10.000 morts à ce jour malgré une médiation franco-allemande qui marque le pas).
Depuis mars 2014, l'UE a progressivement imposé des mesures restrictives à la Russie en réaction à "l'annexion illégale" de la Crimée et à "la déstabilisation délibérée" de l'Ukraine. Les sanctions économiques devraient être reconduites le mois prochain, mais leur avenir semble moins clair, les dirigeants des Vingt-Huit se divisant sur la pertinence d'une politique d'isolement de la Russie.
Dans le même temps, fonctionnaires et diplomates de l'UE mettent aussi en avant leur insatisfaction devant le rythme des réformes engagées en Ukraine.
Certes, l'UE reconnaît que l'administration Porochenko a mis en oeuvre certaines réformes en matière de politique économique et dans les domaines de la police et de l'énergie et ce, en dépit de circonstances difficiles.
Mais la corruption demeure omniprésente. De récentes déclarations ont révélé l'ampleur de l'enrichissement personnel de responsables ukrainiens.
(Gabriela Baczynska; Henri-Pierre André pour le service français, édité par Tangi Salaün)
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