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L'heure de vérité pour Fillon et Juppé

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Publié le 26 novembre 2016 à 14:30 - Mis à jour le 26 novembre 2016 à 14:40

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PARIS (Reuters) - Les électeurs de la droite et du centre, qui ont réservé au premier tour de leur primaire un plébiscite inattendu à François Fillon aux dépens d'Alain Juppé, sont appelés à confirmer ou non ce résultat dimanche au second tour.

A l'issue d'une ultime semaine de campagne marquée par une poussée de fièvre, un sondage Opinionway paraît confirmer que le maire de Bordeaux n'a pas réussi à inverser la tendance.

Cette enquête réalisée après le débat de jeudi entre les deux candidats crédite l'ex-Premier ministre de Nicolas Sarkozy de 61% des intentions de vote, contre 39% pour Alain Juppé.

Au moment où elle était publiée, vendredi soir, les deux candidats tenaient leurs derniers meeting de campagne, le premier à Paris et le second à Nancy, en Meurthe-et-Moselle.

L'occasion pour les deux hommes d'échanger à distance une dernière salve d'attaques. et

Ce second tour est crucial aux yeux des dirigeants de la droite, persuadés que le vainqueur de ce scrutin inédit dans leur histoire aura toutes les chances de succéder au socialiste François Hollande à l'Elysée.

Avec 44,1% des voix obtenus dimanche dernier et le soutien de toute la Sarkozie orpheline, François Fillon part avec les meilleures chances, alors même que semblait se profiler un duel entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy selon les sondages, qui ont induit en erreur jusqu'au maire de Bordeaux.

"Ce que je regrette peut-être c'est, avant le premier tour, de ne pas avoir suffisamment décortiqué le programme de certains de mes concurrents", a-t-il concédé vendredi sur BFM TV.

"Tout s'est focalisé avant le premier tour entre Sarkozy et moi et, maintenant, on découvre le programme de François Fillon avec des convergences mais aussi de profondes différences vis-à-vis de moi", a-t-il ajouté.

"POLÉMIQUE INQUALIFIABLE"

Pris de court, l'héritier de Jacques Chirac, qui s'est longtemps contenté de réciter son programme et de prôner le rassemblement depuis son piédestal de favori, a opté lundi pour l'offensive tous azimuts contre le député de Paris, dépeint en champion d'une droite "traditionaliste".

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Certain d'être le plus à même de battre Marine le Pen en mai 2017, le maire de Bordeaux, qui se propose de réunir sous son égide une droite et un centre réconciliés, a en outre dénoncé des soutiens de François Fillon venus de l'extrême droite.

Il a déclenché la plus violente passe d'armes de toute la campagne en réclamant à son concurrent des "clarifications" sur sa position concernant l'avortement, auquel François Fillon se dit personnellement hostile sans vouloir toucher à la législation en vigueur.

"C'est une polémique inqualifiable et jamais je n'aurais pu penser que mon ami Alain Juppé tombe aussi bas", lui a rétorqué mardi l'ex-"collaborateur" de Nicolas Sarkozy lors d'un déplacement à Viry-Châtillon (Essonne).

Lors du débat de jeudi, durant lequel les deux candidats ont joué l'apaisement, François Fillon a redit que le second tour ne devait selon lui pas être un "combat", mais plutôt "la présentation des projets de deux hommes qui, je pense, ont la même éthique de l'action publique".

De fait, deux lignes sont apparues au fil de la campagne, celle d'une droite qui se veut moderne, mesurée et ouverte au centre, et une autre plus orthodoxe, qui a vu en François Fillon son meilleur porte-drapeau après la chute de Nicolas Sarkozy, renvoyé dimanche dernier aux "passions privées".

L'ancien Premier ministre, qui revendique un projet "radical" et "difficile" promettant notamment des suppressions massives de postes dans la fonction publique. De quoi laisser craindre à la gauche une campagne présidentielle ardue.

"François Fillon est un adversaire sérieux pour la gauche. Il ne faut pas le sous-estimer, bien au contraire, car il pourra rassembler la droite", a déclaré le chef du gouvernement, Manuel Valls, dans une interview à Paris Normandie parue vendredi.

(Simon Carraud avec Marine Pennetier, Sophie Louet et Gilbert Reilhac, édité par Emmanuel Jarry)

reuters.com

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