L'administration de Donald Trump se précise
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© Mike Segar / Reuters
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par Ginger Gibson et Richard Cowan
WASHINGTON (Reuters) - Le point sur la future administration que met sur pied Donald Trump. Le 45e président des Etats-Unis prendra ses fonctions le 20 janvier prochain.
Trump et son vice-président élu Mike Pence ont rencontré plus de 70 candidats potentiels et se plaisent à entretenir le suspense sur les nominations. Lundi, Mike Pence a annoncé qu'"un certain nombre d'annonces importantes" seraient faites mardi.
Voici les noms des personnalités nommées ou pressenties pour les principaux postes au sein du prochain gouvernement américain.
SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE LA MAISON BLANCHE
Le choix annoncé dès le 13 novembre de Reince Priebus, fidèle soutien durant la campagne électorale et qui est étroitement lié au président sortant de la Chambre des représentants Paul Ryan, est vu comme le signe de la volonté du président élu de coopérer avec ce dernier et avec un Congrès à majorité républicaine pour faire adopter ses projets.
Reince Priebus, qui préside le NRC depuis 2011, avait selon le New York Times les faveurs de la fille de Trump, Ivanka, et de son gendre, Jared Kushner. Sa promotion pourrait mécontenter les partisans de Trump qui misaient sur lui pour "nettoyer" Washington de l'establishment politique habituel.
STRATÈGE EN CHEF
Nommé le même jour que Priebus, le controversé Stephen Bannon occupera le poste de "stratège en chef" à la Maison blanche.
Ancien banquier chez Goldman Sachs, ex de la Navy, Stephen Bannon a rejoint l'équipe de campagne de Trump à la mi-août, à une époque où le candidat républicain était en grande difficulté dans les sondages.
La nomination de cet ancien patron du média ultraconservateur américain Breitbart News suscite des remous. Elle est vue comme un gage donné à l'extrême droite. PORTRAIT:
CONSEILLER À LA SÉCURITÉ NATIONALE
Ancien directeur de l'Agence du renseignement de la Défense (Defence Intelligence Agency), Michael Flynn, 57 ans, a été nommé le 18 novembre conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, auprès duquel il joué un rôle clef dans la campagne, prodiguant notamment des conseils en matière d'affaires internationales.
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Ce général à la retraite estime avoir été injustement écarté de la DIA en 2014 pour avoir déclaré ses vérités sur la guerre contre l'extrémisme islamiste. PORTRAIT:
ATTORNEY GENERAL (MINISTRE DE LA JUSTICE)
Premier sénateur à avoir apporté son soutien à la candidature de Donald Trump, Jeff Sessions a été formellement désigné le 18 novembre au poste d'Attorney General dans la future administration.
Elu républicain de l'Alabama, Jeff Sessions, qui aura 70 ans le mois prochain, est un fidèle de l'homme d'affaires dont il partage beaucoup de points de vue, sur l'immigration ou le climat.
Ses déclarations passées sur les questions raciales pourraient en faire la cible des démocrates lors de son audition de confirmation devant le Sénat. PORTRAIT:
AMBASSADRICE DES ETATS-UNIS A L'ONU
Donald Trump a choisi la gouverneure de Caroline du Sud, Nikki Haley, pour être la nouvelle représentante permanente des Etats-Unis auprès des Nations unies. Nikki Haley, fille d'immigrants venus d'Inde, a accepté le poste, ont dit ses services. L'élue républicaine, qui est âgée de 44 ans et n'a que très peu d'expérience des affaires internationales, a soutenu deux rivaux de Donald Trump durant la campagne des primaires avant de se rallier à lui du bout des lèvres.
SECRÉTAIRE À L'ÉDUCATION
Betsy DeVos, une riche donatrice du Parti républicain, ancienne présidente du parti républicain du Michigan et avocate du "school choice", qui permet que les fonds publics destinés à l'éducation soient utilisés dans tout type d'école, du public au privé en passant par l'enseignement à domicile, a accepté le poste que Donald Trump et son vice-président Mike Pence lui ont proposé.
DIRECTEUR DE LA CIA
Elu républicain du Kansas à la Chambre des représentants, Mike Pompeo va prendre la tête de l'Agence centrale du renseignement. Il siégeait à la commission du renseignement dans le Congrès sortant et a participé à la commission d'enquête sur l'attaque du consulat des Etats-Unis à Benghazi, en septembre 2012, où l'ambassadeur Christopher Stevens et trois autres Américains ont été tués.
SECRÉTAIRE D'ETAT
Donald Trump a rencontré ce lundi l'ex-général David Petraeus, ancien directeur de la CIA qu'il envisagerait selon plusieurs médias américains de nommer à la tête de la diplomatie américaine.
Agé de 64 ans, ce militaire, qui a dû démissionner de la direction de l'Agence centrale du renseignement en novembre 2012 en raison d'une relation extraconjugale, a également commandé les forces américaines en Irak et en Afghanistan.
Mitt Romney, candidat à la présidentielle de 2012 et ancien gouverneur du Massachusetts, figure également parmi les candidats pressentis et doit rencontrer mardi le président élu.
Mais Kellyanne Conway, proche conseillère de Trump, a publiquement déconseillé au président élu de nommer Romney sous peine de s'exposer à une vive réaction de rejet de ses partisans, Romney l'ayant critiqué avec virulence durant la campagne.
Pendant les primaires, il avait même appelé les républicains à voter pour tout autre candidat que Donald Trump. Les deux hommes se sont déjà vus la semaine dernière.
Parmi les autres prétendants possibles circulent les noms de Rudy Giuliani, ancien maire du New York et candidat malheureux à l'investiture républicaine en 2012 et Frances Townsend, ex-conseillère à la sécurité intérieure de George W. Bush, rencontrée lundi.
Sont également envisagés John Bolton, ambassadeur auprès des Nations unies sous la présidence de George W. Bush et "faucon" ayant poussé à l'intervention de 2003 en Irak, Bob Corker, élu du Tennessee et président de la commission des Affaires étrangères du Sénat, et Zalmay Khalilzad, ex-ambassadeur des Etats-Unis en Irak.
SECRÉTAIRE A LA DEFENSE
Reçu la semaine dernière par Trump, le général retraité du corps des Marines James Mattis, qui a dirigé le Commandement central de l'armée américaine (supervisant les opérations sur une zone qui va de la Corne de l'Afrique à l'Afghanistan et au Pakistan) de 2010 à 2013, tient la corde pour prendre le département de la Défense.
Il y a une "possibilité très réelle" que James Mattis obtienne la direction du Pentagone, a déclaré Priebus sur la chaîne de télévision ABC.
Circulent aussi les noms de David Petraeus, ex-directeur de la CIA aussi envisagé au secrétariat d'Etat, Tom Cotton, sénateur de l'Arkansas, Jon Kyl, ancien sénateur de l'Arizona, Duncan Hunter, élu de Californie à la Chambre des représentants et membre de la Commission des forces armées de la Chambre, Jim Talent, ancien sénateur du Missouri et ex-membre de la Commission des forces armées du Sénat, et Kelly Ayotte, sénatrice sortante du New Hampshire et membre de la Commission des forces armées.
SECRÉTAIRE AU TRÉSOR
Directeur financier de la campagne électorale, Steven Mnuchin, ancien de Goldman Sachs, figure parmi les choix possibles pour s'occuper des finances fédérales.
D'après le Wall Street Journal, qui cite son entourage, Trump envisage aussi Jeb Hensarling, élu républicain du Texas à la Chambre des représentants, 59 ans. L'intéressé a déclaré au WSJ qu'il en discuterait volontiers s'il était contacté.
Le CV de Jamie Dimon, directeur général de la banque JPMorgan Chase & Co, serait aussi épluché par les conseillers de Trump, selon CNBC qui ajoute que Dimon, 63 ans, pourrait ne pas être intéressé par ce poste. Tom Barrack, fondateur et président du groupe de capital investissement Colony Capital serait également sur les rangs.
SECRÉTAIRE À L'INTÉRIEUR
Sarah Palin, ex-gouverneure de l'Alaska choisie en 2008 par John McCain pour former avec lui le "ticket" républicain, figure parmi les possibles candidats, de même que Jan Brewer, ancien gouverneur de l'Arizona.
Forrest Lucas, fondateur de la société Lucas Oil, et Robert Grady, capital-risqueur associé dans la société Gryphon Investors, auraient également des profils susceptibles de séduire Trump.
SECRÉTAIRE À L'ÉNERGIE
Harold Hamm, le magnat des hydrocarbures de l'Oklahoma, patron de Continental Resources, serait en tête de la liste de Trump pour le poste de secrétaire à l'Energie. Son nom circule aussi pour prendre la tête du secrétariat à l'Intérieur.
Agé de 70 ans, le directeur général de la firme Continental Resources est devenu l'une des plus grosses fortunes du pays à la faveur du boom des gaz de schiste extraits par fracturation hydraulique dans le Dakota. Il s'est aussi rendu célèbre par son divorce à 975 millions de dollars en 2015.
Sont aussi pressentis: Kevin Cramer, élu Dakota du Nord à la Chambre des représentants, Larry Nichols, co-fondateur du groupe Devon Energy, James Connaughton, PDG de Nautilus Data Technologies et ancien conseiller de George W. Bush pour l'environnement, et Robert Grady, dont le nom est aussi évoqué pour le secrétariat à l'Intérieur.
SECRÉTAIRE À LA SANTÉ
Le chirurgien et représentant républicain de la Géorgie Tom Price est pressenti pour être le futur Secrétaire à la Santé et aux Services sociaux, rapporte lundi l'Atlanta Journal-Constitution, citant une dizaine de républicains au fait du dossier. Une annonce officielle pourrait avoir lieu dès mardi, selon le journal.
SECRÉTAIRE AUX TRANSPORTS
L'ancien représentant démocrate du Tennessee Harold Ford, désormais administrateur pour la banque Morgan Stanley, est en lice pour le secrétariat aux Transports, rapporte une source proche de l'équipe de transition.
Lou Baretta, représentant de la Pennsylvanie, est également en bonne place pour le poste, selon Politico.
SECRÉTAIRE AU LOGEMENT ET AU DÉVELOPPEMENT URBAIN
Ben Carson, neurochirurgien à la retraite et ancien candidat à la primaire républicaine, pourrait récupérer le portefeuille du Logement et du Développement urbain, a déclaré Donald Trump le mardi 22 novembre.
(Steve Holland, Luciana Lopez, Susan Cornwell et Eric Beech; Danielle Rouquié, Julie Carriat et Henri-Pierre André pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse)
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