Les alliés de Cuba se joignent à l'hommage populaire à Castro
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par Daniel Trotta et Sarah Marsh
LA HAVANE (Reuters) - Plusieurs dirigeants de pays amis de Cuba se sont joints mardi soir à la foule rassemblée sur la place de la Révolution à La Havane pour rendre hommage à Fidel Castro, décédé vendredi à l'âge de 90 ans.
Fidel Castro reste, notamment en Amérique latine et en Afrique, un symbole de résistance à l'"impérialisme" américain et de la défense des pauvres.
Le leader de la révolution qui entraîna la chute du dictateur Fulgencio Batista en 1959 reste pour d'autres, notamment les Cubains exilés en Floride, un tyran qui a muselé ses opposants et conduit le pays à la ruine économique en imposant ses convictions socialistes.
Des "Viva Fidel" ont résonné mardi soir sur la place de la Révolution de La Havane où s'étaient rassemblées des dizaines de milliers de personnes. La foule a aussi repris un autre célèbre slogan des luttes sociales en Amérique latine: "Le peuple uni ne sera jamais vaincu".
Après de longues files d'attente, des milliers de Cubains, certains en pleurs ou enveloppés du drapeau national, ont défilé devant le portrait que Fidel Castro lui-même préférait, sur lequel on peut le voir en tenue militaire armé d'un fusil. De nombreux fonctionnaires et élèves sont venus en groupes dans le centre de la capitale où l'ancien "lider maximo" prononçait autrefois ses longs discours enflammés.
Les représentants de la gauche latino-américaine étaient présents, tels les présidents bolivien Evo Morales et vénézuélien Nicolas Maduro, qui a échangé une accolade avec Raul Castro, frère de Fidel auquel ce dernier a transmis le pouvoir il y a 10 ans.
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"Evaluer la réussite ou l'échec du modèle économique cubain sans tenir compte de l'embargo criminel de plus de 50 ans (des Etats-Unis) relève de la pure hypocrisie", a pour sa part déclaré le président équatorien Rafael Correa.
La Maison blanche a annoncé que les Etats-Unis n'enverraient aucune délégation présidentielle à cette cérémonie même si Barack Obama, qui a entrepris en 2014 de nouer des relations diplomatiques avec Cuba, a déclaré que les Etats-Unis tendaient "une main de l'amitié au peuple cubain".
"ADIEU, CHER FRÈRE"
Les Etats-Unis devaient être représentés par Ben Rhodes, qui a été la voix de Barack Obama durant les 18 mois de négociations secrètes ayant abouti au dégel des relations avec Cuba, et par Jeffrey DeLaurentis, le principal diplomate américain en poste sur l'île.
Le rapprochement engagé par Barack Obama est désormais menacé par son successeur Donald Trump. Le président américain élu a qualifié Fidel Castro de "dictateur brutal" et il a promis d'en revenir à une ligne dure à l'égard de Cuba si l'île ne s'engage pas sur la voie de réformes politiques, le genre de pressions auxquelles les frères Castro ont toujours résisté.
Parmi les dirigeants qui ont fait le déplacement à La Havane figurent le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, et celui d'Afrique du Sud, Jacob Zuma. Nelson Mandela avait remercié à de multiples reprises Fidel Castro pour ses efforts dans la lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud.
Quant à Robert Mugabe, ancien membre d'une guérilla marxiste désormais âgé de 92 ans, il a remercié le pouvoir castriste pour avoir participé à la formation de milliers de médecins et d'enseignants au Zimbabwe.
"Fidel n'était pas seulement votre chef. Il était notre chef et le chef de tous les révolutionnaires. Nous le suivions, nous l'écoutions et nous essayions de l'imiter", a dit Robert Mugabe, au pouvoir depuis 1980 au Zimbabwe, à son arrivée à La Havane.
"Adieu, cher frère. Adieu, révolutionnaire", a-t-il ajouté.
La Chine a dépêché son vice-président Li Yuanchao tandis que Xi Jinping s'est rendu mardi à l'ambassade de Cuba à Pékin pour présenter ses condoléances, affirmant que son pays avait perdu un "camarade proche et un véritable ami".
Le président russe Vladimir Poutine ne s'est pas rendu à La Havane mais a salué en Fidel Castro "un authentique ami de la Russie"
Les autorités cubaines ont décrété neuf jours de deuil. Un convoi transportant les cendres de Fidel Castro partira mercredi de La Havane pour se rendre à Santiago, dans l'est de l'île, où elles reposeront après avoir effectué le chemin inverse de celui parcouru par les révolutionnaires castristes jusqu'à leur prise de pouvoir il y a plus d'un demi-siècle.
(Avec Nelson Acosta et Ana Isabel Martinez; Pierre Sérisier et Bertrand Boucey pour le service français)
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