Dernier jour de campagne pour Matteo Renzi avant le référendum
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par Gavin Jones
ROME (Reuters) - Matteo Renzi a défendu jusqu'au bout vendredi le projet de réforme constitutionnelle auquel il a lié son destin politique, promettant aux électeurs que l'Italie surpasserait les autres nations européennes en cas de succès du camp du "oui".
Marchés financiers et dirigeants européens redoutent qu'une victoire du "non" au référendulm organisé dimanche ne plonge l'Italie dans de nouvelles turbulences et fragilise son système bancaire, précipitant la zone euro dans une nouvelle crise.
"Pensez à votre avenir et à celui de vos enfants", a lancé le président du Conseil dans un entretien accordé à une radio, la première d'une série d'interventions prévues dans la journée.
Le texte qui sera mis aux voix dimanche propose notamment de limiter les pouvoirs législatifs du Sénat en lui retirant celui de renverser l'exécutif. Matteo Renzi le juge indispensable pour mettre fin à une instabilité chronique. Depuis 1948, l'Italie a connu 63 gouvernements.
Les milieux d'affaires, favorables à la réforme, se sont faits discrets pendant la campagne, de peur de stimuler le vote contestataire, mais ils craignent une nouvelle paralysie de l'appareil politique à un moment critique.
SONDAGES PEU OPTIMISTES
Liant son avenir politique à une victoire du "oui", Matteo Renzi n'a pas ménagé ses efforts au cours des dernières semaines, multipliant les interventions à la télévision, à la radio et sur internet pour tenter de convaincre les indécis, tous les sondages donnant le "non" gagnant.
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Si la publication de sondages est interdite depuis le 18 novembre, des enquêtes privées continuent d'être menées et elles ne sont guères favorables à la position défendue par le chef du gouvernement italien.
"Si le 'oui' l'emporte, l'Italie sera le pays le plus fort en Europe", a promis vendredi Matteo Renzi, s'engageant à opposer immédiatement son veto au projet de budget européen pour contraindre ses partenaires européens à soutenir Rome dans la gestion de la crise des migrants et des réfugiés.
Son ministre de l'Economie, Pier Carlo Padoan, s'est parallèlement efforcé de rassurer les investisseurs en affirmant au quotidien Avvenire qu'un rejet de la réforme constitutionnelle serait sans conséquence pour les finances publiques.
Le climat d'incertitude entourant l'issue du référendum a toutefois réfréné les ardeurs des opérateurs, à Milan notamment où l'indice de la Bourse italienne cédait un peu plus de 1% en début d'après-midi vers 13h00 GMT.
SCRUTIN ANTICIPÉ
Les préoccupations des investisseurs s'expliquent avant tout par la fragilité du secteur bancaire italien exposé à 360 milliards d'euros de créances douteuses.
Le sort de la plus ancienne banque du monde encore en activité, Monte Dei Paschi di Siena, troisième établissement du pays, est également en jeu.
La banque a besoin de lever de nouveaux capitaux à hauteur de cinq milliards d'euros pour avoir une chance de nettoyer son bilan, plombé par 46 milliards d'euros de créances douteuses.
Si le "non" l'emporte dimanche et ouvre une période d'instabilité politique avec le départ de Matteo Renzi, Monte dei Paschi pourrait être contrainte de renoncer à l'opération, ce qui l'obligerait à appeler les pouvoirs publics à l'aide pour tenter d'échapper au dépôt de bilan.
Une telle issue risquerait de provoquer une contagion désastreuse par effet de dominos dans le secteur.
En cas de victoire du "non", les observateurs s'attendent à ce que Matteo Renzi démissionne et se mette en retrait. Il a prévenu qu'il ne participerait à aucun gouvernement "technique" privé de légitimité électorale.
Plusieurs de ses alliés l'ont toutefois prié ces derniers jours de revenir sur ses engagements et de se maintenir au pouvoir en cas de défaite.
Interrogé vendredi sur l'après-référendum, Matteo Renzi a refusé de s'exprimer tout en écartant l'hypothèse d'élections législatives anticipées comme le réclament certains ténors de l'opposition.
Luigi Di Maio, un des chefs de file du Mouvement 5 Etoiles (M5S), a demandé vendredi l'organisation d'un nouveau scrutin dès que possible, comme l'avait fait la veille Matteo Salvini, secrétaire fédéral de la Ligue du Nord.
(Nicolas Delame pour le service français, édité par Gilles Trequesser)
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