Le NPP crie victoire aux élections ghanéens, le pouvoir conteste
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ACCRA (Reuters) - La principale formation de l'opposition ghanéenne, le Nouveau Parti patriotique (NPP), a affirmé jeudi que son candidat à la présidentielle était nettement en tête et a demandé au président sortant, John Mahama, de reconnaître sa défaite.
Le NPP déclare que son candidat, Nana Akufo-Addo, a recueilli 53,5% des suffrages, selon son propre décompte, contre 44,8% pour John Mahama, sur la base des résultats de 92% des 29.000 bureaux de vote.
"Nous avons incontestablement remporté l'élection présidentielle et nous sommes majoritaires au parlement", a déclaré à Reuters Boakye Agyarko, conseiller politique du NPP.
Un haut responsable du Congrès national démocratique (NDC, parti au pouvoir), Samuel Ofosu-Ampofo, a répliqué que John Mahama avait une "confortable avance" et a invité ses partisans à garder leur calme.
"Les résultats continuent d'arriver et l'appel et la proclamation du NPP sont irresponsables et perfides, car ils sont susceptibles de plonger le pays dans le chaos", a-t-il dit.
Sept candidats étaient en lice au total à la présidentielle, et John Mahama, en fonctions depuis 2012, briguait un deuxième mandat de quatre ans.
Les chiffres diffusés par plusieurs stations de radio et chaînes de télévision situent les deux principaux candidats au coude à coude.
CRISE BUDGETAIRE
Selon la radio privée Joy FM, Nana Akufo-Addo, ancien ministre des Affaires étrangères, recueillerait 48,96% et John Mahama 48,72%, alors même que seuls les bulletins de 76 des 275 circonscriptions ont été pris en compte.
Si aucun prétendant n'obtient la majorité absolue, un second tour sera organisé d'ici trois semaines entre les deux candidats ayant recueilli le plus de suffrages.
Les 15,7 millions d'électeurs, sur une population de 27 millions d'habitants, ont été également appelés mercredi à renouveler le parlement, qui compte 275 sièges.
Le Ghana est souvent présenté comme un exemple de stabilité démocratique en Afrique de l'Ouest. Le scrutin est le sixième du genre depuis l'introduction du pluralisme en 1992. A deux reprises depuis 2000, des présidents sortants ont été éconduits sans éruption de violence.
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Des années durant, le Ghana a connu l'une des croissances les plus fortes du continent africain, mais l'effondrement à partir de 2014 des cours de matières premières a pénalisé ses exportations d'or, de pétrole et de cacao, et provoqué une crise budgétaire qui a fait exploser les déficits et alimenté l'inflation.
La monnaie locale, le cedi, a vu sa valeur fondre de moitié en deux ans, même si elle a montré cette année des signes de stabilisation.
(Kwasi Kpodo et Matthew Mpoke Bigg; Eric Faye pour le service français)
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