L'armée syrienne contrôle les quartiers d'Alep abandonnés par les insurgés
reuters.com

L'armee syrienne controle les quartiers d'alep abandonnes par les insurges
© Omar Sanadiki / Reuters
reuters.com

L'armee syrienne controle les quartiers d'alep abandonnes par les insurges
© Omar Sanadiki / Reuters
ALEP, Syrie (Reuters) - L'armée syrienne et ses alliés ont repris la totalité des quartiers d'Alep abandonnés par les rebelles dans leur retraite, a annoncé mardi matin une source militaire syrienne.
Les défenses des insurgés dans la grande ville du nord de la Syrie se sont effondrées dans la journée de lundi, laissant aux forces pro-gouvernementales plus de la moitié des derniers secteurs que tenait encore la rébellion.
Les insurgés, a ajouté cette source militaire syrienne, ont pris la fuite "dans un état de panique".
Mais, contacté tard lundi soir, un responsable basé en Turquie du groupe insurgé Djabha Chamiya a rapporté que les rebelles avaient réussi à établir une nouvelle ligne de front le long de la rivière Quoueiq qui traverse la ville.
Par rapport aux journées précédentes, le rythme des bombardements et des frappes aériennes s'est considérablement ralenti lundi soir et dans la nuit qui a suivi, a constaté une journaliste de Reuters présente dans la ville.
Dans la partie gouvernementale de la ville, des manifestations de joie se sont poursuivies jusque tard dans la nuit de lundi à mardi pour fêter ce que les autorités syriennes présentent comme la reconquête imminente de toute la ville.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Le général syrien Zaïd al Saleh a annoncé lundi que la reconquête des quartiers rebelles d'Alep-Est était entrée dans sa "phase finale".
"Nous sommes dans les derniers instants avant la proclamation de la victoire de l'Armée arabe syrienne dans la bataille d'Alep-Est. Nous pouvons l'annoncer à tout moment", a-t-on ajouté par la suite de source militaire.
L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui suit le conflit syrien quotidiennement en s'appuyant sur un réseau d'observateurs sur le terrain, a estimé lundi que la bataille d'Alep touchait à sa fin.
TÉMOIGNAGES ET RÉCITS D'ATROCITÉS
Dans les secteurs perdus lundi par les insurgés, des informations non vérifiées font état d'atrocités commises par les soldats syriens et leurs alliés, miliciens chiites libanais du Hezbollah ou iraniens.
Selon des activistes locaux et le témoignage de deux habitants toujours présents dans la dernière poche rebelle, au moins 79 civils ont été exécutés sommairement dans les quartiers de Fardous et Salihine par des milices pro-gouvernementales.
"Il y a plus d'une centaine de corps et d'autres pourraient encore être vivants, ensevelis sous des décombres que personne ne peut aller fouiller", a déclaré Ammar al Selmo, de la protection civile.
Dans un communiqué, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon s'est dit "alarmé par les informations faisant état d'atrocités contre un grand nombre de civils, des femmes et des enfants notamment, ces dernières heures à Alep" tout en signalant que l'Onu ne pouvait les vérifier.
"Le secrétaire général exprime sa préoccupation aux parties concernées. Il a donné pour instruction à son émissaire spécial pour la Syrie de s'informer auprès des parties concernées", a ajouté son porte-parole, Stéphane Dujarric.
En France, François Hollande, qui recevait lundi à l'Elysée le coordinateur général du Haut comité de l'opposition syrienne Riyad Hijab, a une nouvelle fois condamné les attaques du régime de Bachar al Assad sur Alep.
"Le régime croit avoir gagné une partie alors qu'il a simplement gagné une horreur supplémentaire après tant d'autres commises", a dit le président français.
(Laila Bassam avec Angus McDowall à Beyrouth; Jean-Philippe Lefief, Nicolas Delame et Henri-Pierre André pour le service français)
reuters.com