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Fillon ne parvient pas à clore la polémique sur la Santé

reuters.com

Publié le 13 décembre 2016 à 09:51 - Mis à jour le 13 décembre 2016 à 09:57

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18 juillet 2026

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PARIS (Reuters) - Loin d'éteindre les critiques, la mise au point de François Fillon sur son projet de réforme du système de santé relance les spéculations de ses adversaires, qui accusent le candidat de brouiller les cartes sous d'apparents amendements.

Les soutiens du candidat de la droite et du centre, qui assure dans Le Figaro vouloir sanctuariser l'assurance maladie et continuer à "couvrir les soins comme aujourd'hui", ont démenti mardi tout recul alors même que l'ancien Premier ministre ne mentionne plus les points les plus contestés de son projet, comme la distinction entre "petits" et "gros" risques dans la couverture santé.

"Ce n'est pas du renoncement. La protection des Français est un ensemble Sécurité sociale-complémentaires santé. Cet ensemble-là doit continuer à protéger 100% des Français et 100% des maladies, François Fillon n'a pas varié d'un cil", a plaidé sur BFM TV son porte-parole Jérôme Chartier.

S'il confirme la suppression du tiers-payant généralisé dans son projet présidentiel, François Fillon, qui reste évasif sur la résorption du déficit de la Sécurité sociale, n'évoque plus dans Le Figaro la "redéfinition" des rôles respectifs de l'assurance maladie obligatoire de base et des complémentaires.

A la première serait dévolu un panier de soins "solidaire" concentré sur les affections graves et de longue durée (gros risques), aux secondes un panier de soins "individuel" pour les affections courantes (petits risques), peut-on lire dans son programme.

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"RÉGULER" LES COMPLÉMENTAIRES SANTÉ

Prié de dire si des remboursements seraient transférés vers les assurances privées, Jérôme Chartier a été catégorique mardi : "La réponse est non. Ce n'est pas ça l'objectif."

Le porte-parole met désormais en avant, comme François Fillon dans Le Figaro, l'idée d'une Agence de contrôle et de régulation de l'assurance santé privée qui instaurerait un "contrat standard d'assurance santé universelle obligatoire", "avec une variable, le prix".

"Lorsque les complémentaires santé ont des tarifs trop chers, qui le régule? Personne. Il propose une agence de régulation qui puisse veiller à ce que les prix pratiqués soient justes", explique Jérôme Chartier, sans plus de détails.

Il n'est plus question d'une franchise universelle, "fonction des revenus dans les limites d'un seuil et d'un plafond", dont la conseillère Santé de François Fillon, la généticienne Dominique Stoppa-Lyonnet, disait récemment dans Les Echos qu'il pourrait y renoncer pour "un système plus classique". Ni d'une bascule "progressive" des cotisations patronales vers "un mix CSG-TVA".

Le juppéiste Jean-Pierre Raffarin, qui comme de nombreux élus de droite s'inquiétait de l'effet de ces propositions radicales sur l'électorat populaire, a salué mardi sur Europe 1 une clarification bienvenue. François Fillon devait s'adresser mardi aux députés Les Républicains.

"LE PIÈGE DES PRIMAIRES"

"Il revient à la position gaulliste de la Sécurité sociale", a dit l'ancien Premier ministre. "C'est un peu le piège des primaires, on gagne la primaire à droite et après la présidentielle, il faut la gagner au centre", a-t-il prévenu.

"Ce qui est certain, c'est qu'il va falloir pendant les sept mois qui viennent continuer à faire de la pédagogie", a commenté pour sa part sur RTL Gérald Darmanin, ancien coordinateur de la campagne de Nicolas Sarkozy.

L'exercice n'a pas convaincu la ministre socialiste de la Santé Marisol Touraine, très critique depuis deux semaines, qui a déploré sur RTL "le brouillard le plus absolu."

"François Fillon ne dit pas explicitement dans cette tribune que ce qu'on appelle les 'petits risques', les rhumes, les angines de l'hiver, ne seront plus remboursés. (...) Je crois qu'il cherche purement et simplement à embrouiller les Français", a-t-elle réagi.

Même soupçon du côté du Front national où le numéro deux du parti, Florian Philippot relève que les propositions polémiques ne sont pas démenties. "C'est ça qui est inquiétant", a-t-il dit sur LCI.

"Soit c'est volontairement flou, et ça cache une dissimulation du projet véritable qui est bien de privatiser la Sécurité sociale, (...) soit c'est une vraie reculade et ça veut dire (...) qu'on serait donc condamné, si Fillon était élu malheureusement président de la République, à cinq ans d'immobilisme", a-t-il ajouté.

(Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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