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Fillon enterre en partie sa réforme de la Santé

reuters.com

Publié le 14 décembre 2016 à 13:30 - Mis à jour le 14 décembre 2016 à 13:34

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04 juin 2026

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LE PLESSIS-ROBINSON, Hauts-de-Seine (Reuters) - François Fillon, qui a fait de la vérité et de l'inflexibilité le moteur de sa campagne présidentielle, a commis une première embardée en enterrant définitivement mercredi sa proposition de réduire la couverture de la Sécurité sociale aux "gros" risques, une idée déjà avancée par la droite dans les années 2000.

Le candidat de la droite et du centre s'efforce depuis trois jours de désamorcer la polémique sur son projet de réforme du système de santé, dénoncé comme une entreprise de "privatisation" de l'assurance maladie par la gauche et le Front national, qui fustigent "dissimulation" et "confusion".

Pire, l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy s'expose désormais aux accusations de reniement et à une fragilisation au sein de son propre camp, inquiet de ce premier faux pas, pour avoir purement et simplement expurgé son programme pour la Santé des mesures les plus controversées face à l'incendie.

En visite mercredi dans un hôpital du Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine), François Fillon a ainsi affirmé ne pas vouloir "distinguer entre gros et petit risque" dans la modulation des remboursements médicaux, alors même qu'il avait soutenu le contraire lors du débat de l'entre-deux-tours de la primaire et que cette mesure figurait noir sur blanc dans son projet.

Le 24 novembre, lors du débat, le député de Paris avait souhaité "que la Sécu se concentre sur les risques principaux" et "pour le petit risque, (...) qu'on aille vers les assurances complémentaires, les mutuelles."

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DES PROPOSITIONS BIFFÉES

Dans son projet, il prônait de "focaliser l'assurance publique universelle des affections graves ou de longue durée, et l'assurance privée sur le reste".

Cette proposition avait disparu mardi soir du site internet du candidat. Interrogé à ce sujet par Reuters, son porte-parole Jérôme Chartier a décliné tout commentaire.

"Il est tellement plus simple de caricaturer et de dire n'importe quoi. Non, à aucun moment je n'ai voulu ou je ne voulais 'privatiser l'assurance maladie'", a répété mercredi François Fillon.

Le candidat a expliqué, sans plus de précisions, vouloir "mieux articuler les rôles de l'assurance maladie et des complémentaires" sous l'égide d'une Agence de régulation et de contrôle nouvellement créée.

"Il s'agit de parvenir à une clarification de leur rôle réciproque et additionnel qui éviterait, comme cela se fait aujourd'hui, de décider, au coup par coup, du déremboursement d'un médicament", a-t-il dit.

En 2002, l'ancien ministre de la Santé et des Affaires sociales Jacques Barrot, alors chef de file des députés UMP, avait suscité l'ire des syndicats en proposant de limiter les remboursements de la Sécurité sociale aux "maladies graves".

André Grimaldi, professeur à l'hôpital parisien de La Pitié-Salpêtrière et auteur de "L'hôpital malade de la rentabilité", a lancé une pétition défendant la nécessité de "rembourser non seulement les affections graves et les maladies de longue durée mais aussi les soins courants, préventifs et curatifs".

François Fillon a en outre abandonné son projet d'une "franchise médicale universelle fonction des revenus dans les limites d'un seuil et d'un plafond".

Il a parlé mercredi de "simplifier les nombreux dispositifs de franchise et de ticket modérateur". De même, le projet de transfert progressif des cotisations maladie vers un mix CSG/TVA a disparu de ses tablettes.

"CONCERTATION"

L'apprentissage présidentiel nécessite de s'extraire du "piège des primaires", rappelait mardi le "juppéiste" Jean-Pierre Raffarin. "On gagne la primaire à droite et après, la présidentielle, il faut la gagner au centre", souligne-t-il.

François Fillon, le solitaire, se convertit donc douloureusement au collectif.

Il a annoncé mercredi dans son discours une prochaine convention avec les parlementaires de droite pour préciser son projet "en étroite concertation avec les professionnels de la santé de tous les secteurs". Il demandera également à "des experts indépendants de réaliser un audit des comptes sociaux".

"Il va falloir un peu de temps pour recréer un climat de confiance et examiner ensemble, sans tabou, sans préjugés, comment nous pouvons sauvegarder notre Sécurité sociale", a-t-il concédé.

Dans "Faire", son ouvrage-programme publié en septembre 2015, François Fillon écrivait : "La vraie ambition, est-ce celle qui se ment à elle-même et aux autres et qui se dégonfle au pied du mur, ou est-ce celle qui s'appuie sur un décompte précis de ses forces et de ses faiblesses?"

(Sophie Louet avec Christian Hartmann, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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