Les 28 réunis à Bruxelles, Brexit, migrants, austérité au menu
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par Alastair Macdonald
BRUXELLES (Reuters) - Les dirigeants européens se réunissent ce jeudi à Bruxelles pour un Conseil européen où ils devraient une fois de plus étaler leurs divergences sur de nombreux dossiers.
Après une journée consacrée aux migrants et aux réfugiés, à la Russie, aux répercussions de l'alternance à la Maison blanche et à la zone euro, les dirigeants européens attaqueront le Brexit, plat de résistance de ce sommet, en l'absence de la Première ministre britannique qui se sera auparavant éclipsée.
Ils devraient signifier à la Grande-Bretagne qu'elle demeurera membre à part entière du bloc communautaire jusqu'à son départ formel et qu'elle sera exclue d'un certain nombre de réunions qui seront consacrées aux négociations.
Le communiqué n'entrera pas dans détail des termes qui seront proposés à la Grande-Bretagne, notamment sur le statut des expatriés, qu'il s'agisse des Européens vivant au Royaume-Uni ou des Britanniques demeurant au sein de l'Union européenne, en dépit des demandes exprimées par Londres sur ce sujet.
Les dirigeants rappelleront à Theresa May qu'ils souhaitent qu'elle enclenche le divorce aussi vite que possible. La dirigeante de l'exécutif britannique a dit vouloir lancer le processus d'ici mars, mais les procédures en cours devant la justice britannique pourraient l'obliger à patienter davantage.
Des diplomates et représentants impliqués dans les réunions préparatoires du Conseil européen ont expliqué que la recherche d'un consensus sur le divorce britannique avait été "l'une des questions ayant suscité le moins de controverses".
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"On marche sur un champ de mines", a confié un responsable européen.
Les 28 dirigeants auront auparavant fait le point sur la gestion de la crise des migrants et des réfugiés. S'ils devraient se féliciter du net ralentissement de l'afflux d'exilés, les moyens utilisés pour y parvenir devraient une nouvelle fois provoquer le débat.
Présidents et chefs de gouvernement devraient réaffirmer leur détermination à appliquer l'accord controversé sur les migrations passé en mars dernier avec la Turquie en dépit du refroidissement des relations avec Ankara après la répression qui a suivi le coup d'Etat manqué du 15 juillet dernier.
Confronté, comme beaucoup d'autres pays, à une opinion publique peu encline à accueillir les migrants, le gouvernement autrichien s'est opposé à ce qu'il soit mentionné que la Turquie sera un jour amenée à rejoindre l'Union européenne malgré le gel des négociations sur l'adhésion turque.
LA RUSSIE, SEUL POINT D'ACCORD
L'Italie, où accostent toujours des centaines de migrants originaires d'Afrique, devrait une fois de plus exprimer son dépit devant le refus des anciens Etats communistes d'Europe de l'Est de contribuer à l'accueil de réfugiés musulmans.
L'ancien chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, n'a eu de cesse ces derniers mois de réclamer le gel du versement des fonds structurels aux pays qui refusent de contribuer à l'accueil des migrants.
Paolo Gentiloni, nouveau président du Conseil italien, devrait sur ce point recevoir l'appui de son homologue grec, Alexis Tsipras, dont le pays est également confronté à l'afflux de migrants, sur ses territoires insulaires notamment.
Le Premier ministre grec se servira sans doute de la tribune qui lui sera offerte pour condamner l'intransigeance de ses créanciers européens, de l'Allemagne, notamment.
Le fonds d'aide financière de la zone euro a suspendu mercredi la mise en oeuvre des mesures à court terme d'allègement du fardeau de la dette de la Grèce après l'annonce par le gouvernement grec de son intention de distribuer une prime aux retraités en décembre.
Angela Merkel, qui sollicitera en septembre prochain un nouveau mandat de quatre ans, devra une nouvelle fois expliquer pourquoi elle refuse d'assouplir sa position sur l'austérité et de soutenir davantage l'économie de la zone euro.
Le seul véritable moment d'unité à attendre du sommet de jeudi devrait se produire lors de l'approbation formelle du renouvellement pour six mois des sanctions visant Moscou, même si beaucoup pensent qu'il s'agira du dernier renouvellement.
(Nicolas Delame pour le service français)
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