Clapper qualifie la Russie de "cybermenace majeure" pour les Etats-Unis
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WASHINGTON (Reuters) - La Russie constitue une menace majeure pour toute une série d'intérêts des Etats-Unis en raison de "son programme d'attaque informatique hautement sophistiqué", estiment plusieurs responsables de la communauté du renseignement américain auditionnés jeudi au Sénat.
Cette estimation est contenue dans un document commun établi par James Clapper, directeur du renseignement national, Marcel Lettre, sous-secrétaire à la Défense pour le renseignement, et l'amiral Michael Rogers, directeur de l'Agence nationale de sécurité (NSA).
"La Russie est un acteur cybernétique à part entière qui pose une menace majeure au gouvernement, à l'armée, à la diplomatie et aux infrastructures commerciales et stratégiques américaines", affirment les trois responsables dans ce document qui servait de base à leur audition devant la Commission des forces armées du Sénat américain.
S'exprimant ensuite devant les sénateurs, James Clapper a indiqué avoir reçu de "nombreux témoignages" d'inquiétude de la part de gouvernements étrangers, provoquée par les critiques dévalorisantes adressées à la communauté du renseignement.
Cette question de la menace que représente la Russie dans le domaine informatique s'est installée au centre du débat politique aux Etats-Unis depuis le piratage des serveurs du Comité national du Parti démocrate (DNC) lors de la campagne présidentielle américaine.
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Dans un premier rapport en décembre, la CIA estimait que des pirates informatiques proches des services de sécurité russes étaient responsables de ces intrusions et avaient eu notamment accès à la messagerie électronique de John Podesta, le président de l'équipe de campagne d'Hillary Clinton.
Ces attaques informatiques étaient, selon la CIA, destinées à diffuser ensuite à la presse, via le site WikiLeaks de Julian Assange, des informations embarrassantes pour la candidate démocrate et favoriser ainsi son adversaire républicain Donald Trump.
Ces évaluations de l'agence centrale du renseignement ont ensuite été corroborées par d'autres rapports d'organismes fédéraux, dont le FBI.
LES SARCASMES DE DONALD TRUMP
Face à cette ingérence, Barack Obama a pris des mesures de rétorsion, ordonnant notamment fin décembre l'expulsion de 35 diplomates russes en poste aux Etats-Unis.
Cette décision, a expliqué James Clapper, reflétait "une position de consensus entre les agences" fédérales américaines. Le patron du renseignement américain a par ailleurs estimé que Julian Assange avait mis en danger la vie de ressortissants américains.
Cette audition de la Commission sénatoriale des forces armées était organisée à l'initiative de son président, le républicain John McCain, qui a précisé ne pas chercher à remettre en cause le résultat de l'élection présidentielle.
Donald Trump, qui doit prendre ses fonctions le 20 janvier, a à plusieurs reprises émis des doutes ou tenté de discréditer les conclusions des agences fédérales du renseignement.
Dans une bordée de messages sur son compte Twitter mercredi, le président élu a de nouveau contesté l'implication de la Russie dans ces "fuites" tout en accusant le Parti démocrate de négligence quant aux protocoles de sécurité de ses serveurs.
"Julian Assange (le fondateur de WikiLeaks) dit qu'un gamin de 14 ans aurait pu pirater Podesta. Pourquoi le DNC a-t-il été aussi imprudent ?" a-t-il écrit sur Twitter.
Trump s'est également interrogé sur cette procédure parlementaire, laissant entendre que les sénateurs avaient besoin de temps "pour monter un dossier".
Le futur président américain doit rencontrer vendredi James Clapper ainsi que le directeur de la CIA, John Brennan, et celui du FBI, James Comey.
Un de ses porte-parole a démenti jeudi des informations de la presse selon lesquelles il avait l'intention, une fois en poste, de restructurer l'ensemble de la communauté du renseignement.
(Pierre Sérisier pour le service français)
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