Le nazi Aloïs Brunner serait mort dans un cachot syrien
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PARIS (Reuters) - L'un des criminels de guerre les plus recherchés au monde, l'ancien nazi Aloïs Brunner, bras droit du responsable de la mise en oeuvre de la "solution finale" Adolf Eichmann, serait mort dans un cachot à Damas en 2001 à l'âge de 89 ans, selon une enquête de la revue "XXI".
Le centre Simon Wiesenthal avait annoncé en décembre 2014 qu'Aloïs Brunner, qui exerçait auprès de Hafez al Assad, le père de l'actuel chef de l'Etat syrien, la fonction d'expert en terrorisme et en sécurité, était "probablement mort" à Damas 2010.
Il précisait n'avoir pas pu obtenir la preuve formelle de son décès après en avoir été informé en 2010 par les services de renseignement allemands, mais soulignait qu'Aloïs Brunner n'avait plus été vu depuis 2003.
Le journaliste Hedi Aouidj, qui publie une enquête dans la revue "XXI", affirme pour sa part que l'ancien officier SS d'origine autrichienne est mort en 2001 dans des conditions misérables après avoir été lâché par le régime.
Son enquête est basée sur le récit de trois témoins, présentés comme d'anciens membres des services de sécurité syriens en charge de la protection de l'ancien nazi dont un, Abou Yaman, aujourd'hui réfugié en Jordanie, a accepté de s'exprimer sous son véritable nom.
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"Il se promenait dans Damas, et peu à peu il a été de plus en plus enfermé. Il est mort en 2001 dans un cachot, seul, car il a été lâché par Bachar al Assad. Ce régime, c'est comme la mafia. On l'a laissé dans ce cachot en se disant que peut-être on en aurait besoin plus tard", a raconté Hedi Aouidj sur France inter.
"Aloïs Brunner a formé le premier cercle autour de Hafez al Assad. Il était salarié du régime de Damas. Cela se savait mais les enjeux géopolitiques ont été plus importants. Les responsables diplomatiques avaient d'autres priorités que de vérifier sa présence et son action à Damas", a-t-il ajouté.
Aloïs Brunner est tenu pour responsable de la déportation de 125.000 juifs européens vers les camps d'extermination nazis.
Il a notamment dirigé le camp de Drancy, près de Paris, d'où quelque 25.000 juifs français furent envoyés vers les camps de la mort, en particulier Auschwitz.
La justice française l'avait condamné par contumace en 1954 à la peine de mort pour crimes contre l'humanité.
Aloïs Brunner avait réussi à fuir l'Allemagne à la fin de la Seconde Guerre mondiale pour trouver refuge en Egypte puis, à partir de 1954, en Syrie, où il a bénéficié jusqu'à la fin de la protection du régime de Damas, avait déclaré en 2014 à Reuters Efraïm Zuroff, président du bureau israélien du centre Wiesenthal.
(Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)
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