Les civils de Mossoul tentent de vivre au milieu des combats
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par Stephen Kalin
MOSSOUL, Irak (Reuters) - La progression des forces irakiennes s'est poursuivie mercredi dans les quartiers est de Mossoul où des habitants choisissent de braver les dangers de la guérilla urbaine menée par les djihadistes de l'Etat islamique (EI) pour rester chez eux plutôt que de se réfugier dans des camps.
Au cours des derniers jours, les unités du Service du contre-terrorisme (CTS) ont poussé leur avantage dans les quartiers de Sadik et de Nissan dans le nord-est, a indiqué le général Abdelwahab al Saadi, présent sur la ligne de front.
Un journaliste de Reuters a vu des membres des CTS affronter les djihadistes à Sadik, tirant en direction du campus universitaire et du quartier voisin d'Hadba dans lequel les unités de l'armée ont pénétré mardi à partir du nord.
Une jonction devrait s'opérer entre les deux et le "quartier devrait être libéré très prochainement", a estimé le général Saadi, insistant sur l'importance stratégique du complexe universitaire.
Malgré cette situation mouvante et dangereuse, nombre d'habitants de Mossoul ont fait le choix de demeurer sur place, de supporter des conditions de vie difficiles et d'accepter les restrictions sur leurs déplacements.
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Environ 135.000 personnes ont fui vers des camps à l'extérieur de la ville administrés par le gouvernement ou par des organisations humanitaires. La rapide progression des forces irakiennes depuis deux semaines a accéléré le phénomène mais celui-ci ne concerne qu'une partie de la population.
"On n'est pas resté chez nous et on n'a pas supporté les bombardements et tout ça juste pour vivre dans des tentes", explique Abou Ahmed, venu rendre visite à sa famille dans le quartier de Zuhur au cours du week-end.
La guerre qui fait rage au bout de la rue ne l'inquiète pas. "Il n'arrivera rien, si Dieu le veut", dit-il avant de se coucher au sol puis de courir se mettre à l'abri alors qu'un missile passe en sifflant au-dessus de sa tête.
Comme Abou Ahmed, des hommes, des femmes et des enfants tentent de continuer à vivre à Mossoul en attendant la libération complète de la ville que l'EI avait transformée en capitale de son califat autoproclamé dans le nord de l'Irak.
AXE DE TRANSIT
Les Nations unies estimaient que l'offensive lancée avec le soutien des Etats-Unis en octobre pourrait aboutir au déplacement d'environ 1,5 million de personnes.
Cette prévision ne semble pas se concrétiser. Nombre d'habitants sont restés chez eux ou ont trouvé temporairement refuge chez des proches dans des quartiers voisins.
La circulation entre les différentes parties de la ville est compliquée par la destruction de certaines infrastructures comme ce pont qui enjambe la rivière Khosr, affluent du Tigre qui traverse l'agglomération en son milieu.
Le pont a été en partie détruit par les djihaadistes lors de leur repli. Pour franchir ce bras d'eau, les habitants ont recours à des échelles et des tuyaux sur lesquels ils s'avançent au-dessus des eaux boueuses pour rallier l'autre rive distante d'une trentaine de mètres.
Ce pont est devenu un axe majeur de transit entre deux parties de la ville.
Ceux qui se rendent dans le quartier de Zouhour à l'est de la rivière portent des valises à l'aide de poussettes ou de chaises roulantes. Ceux qui reviennent dans le quartier de Mouthanna à l'ouest portent des sacs de riz, de pommes de terre, d'oignons, des cartons d'oeufs et des couches pour bébés.
Le trajet dans un sens et dans l'autre représente en général quelques kilomètres.
"Les gens entrent et sortent maintenant", explique le général Sami al Aridi. "Ceux qui sont partis reviennent et ceux qui s'en vont viennent de quartiers où se déroulent les combats actuellement".
Ces mouvements constants de population compliquent la tâche des militaires irakiens qui doivent combattre contre un ennemi qui se dissimule au milieu de la population et peut se faire passer pour des civils.
(Pierre Sérisier pour le service français, édité par Gilles Trequesser)
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