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Fillon affiche son "libéralisme social"

reuters.com

Publié le 19 janvier 2017 à 18:33 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 02:56

Fillon defend son "liberalisme social"

Fillon defend son "liberalisme social"

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PARIS (Reuters) - François Fillon, qui n'a pas fini d'éteindre la fronde sarkozyste dans son camp, s'est efforcé jeudi de convaincre de l'inspiration "sociale" de son programme économique en s'engageant à ramener à l'emploi les 10% de Français au chômage.

Lors d'une réunion publique à Oyonnax (Ain), le candidat de la droite et du centre à la présidentielle a adopté une tonalité moins tranchante, parlant dans son discours "des Français, de leur existence, avec ses coups durs et ses espoirs."

"Il faut entendre leur colère à l'égard d'un système qui les ligote. (...) Il faut entendre cette jeunesse qui ne sait pas si elle est condamnée au chômage ou à tenter sa chance à Londres, à Barcelone ou à New York", a-t-il lancé, accusant François Hollande d'avoir "trahi" les jeunes.

"Je veux vous inviter à revoir l'avenir en grand. (...) Le piège, c'est le compromis, la réforme molle, le refus d'aller au bout", a-t-il souligné, ne reniant rien de sa méthode tout en en arrondissant les angles.

Le candidat a consacré jeudi son deuxième déplacement de campagne à l'apprentissage et à la formation professionnelle alors que d'anciens soutiens de Nicolas Sarkozy, dont Laurent Wauquiez et Christian Estrosi, le pressaient de parler à "la France qui se donne du mal".

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"Je ne peux me satisfaire qu'il y ait 10% de chômage en France, qu'on soit de tous les pays développés celui qui a un record de chômage. Je suis en colère quand j'entends autant de responsables politiques expliquer qu'au fond il ne faut rien changer", a-t-il dit à la presse avant son meeting, à l'issue d'un déjeuner avec des entrepreneurs et d'une visite dans une école de formation pour jeunes et adultes en réinsertion.

SCHRÖDER, NOUVEAU RÉFÉRENT

"Je veux que tous les Français aient un travail et pour atteindre le plein emploi, il y a plusieurs outils : il y en a qui est fondamental, c'est la formation professionnelle et l'apprentissage et l'alternance", a-t-il poursuivi.

Dans son programme, François Fillon souhaite faire de l'apprentissage "la voie royale d'accès à l'emploi". La France compte actuellement 400.000 apprentis contre 800.000 au Royaume-Uni et 1,5 million en Allemagne.

Le candidat vise à terme le niveau allemand en détachant notamment la gestion des 1.500 lycées professionnels de l'Education pour la confier aux régions et aux branches professionnelles et en alignant les conditions de travail des apprentis sur celles des autres salariés.

"Il ne faut pas avoir peur de faire des changements. Tous ceux qui vous expliquent qu'on va y arriver sans modifier les grandes règles de notre économie vous trompent. Oui, il y a besoin de réformer le marché du travail", a-t-il lancé devant des entrepreneurs.

Sans crainte du paradoxe, François Fillon s'est tout autant réclamé de l'ultra-libérale britannique Margaret Thatcher que de Tony Blair ou de l'ancien chancelier allemand social-démocrate Gerhard Schröder (1998-2005), artisan d'une vaste réforme de libéralisation du marché du travail.

Si Margaret Thatcher a disparu des références aujourd'hui, Gerhard Schröder revient en force dans les argumentaires.

LE MESSAGE DE LARCHER

"Se pose la même question à notre pays, dans un univers un peu différent, que la question qui s'est posée à Schröder et à (Peter) Hartz. Le résultat, on le connaît : moitié moins de chômage aujourd'hui, avec un oubli chez Schröder, il l'a reconnu ensuite, la lutte contre la grande pauvreté", a estimé jeudi Gérard Larcher sur France Inter.

"C'est personnellement pour moi une priorité (...) que j'ai essayé d'injecter dans la campagne", a-t-il souligné, précisant avoir relu à cet effet le discours de 14 mars 2003 de Gerhard Schröder sur "l'agenda 2010".

Le président LR du Sénat, "l'hémisphère gauche" de François Fillon, achève vendredi ses consultations avec les partenaires sociaux afin d'expliquer et de déminer les propositions les plus radicales du candidat de la droite et du centre (abrogation des 35 heures, suppression de 500.000 postes de fonctionnaires, retraite à 65 ans...).

Il a reçu jeudi le président du Medef, Pierre Gattaz, qui a mis en garde mardi François Fillon contre un incendie social avec son projet de réforme de la Fonction publique.

Sensible aux messages de Gérard Larcher, François Fillon, qualifié de "Robin des bois à l'envers" par le pourtant libéral Alain Madelin, a ainsi affiché son "christianisme social" mercredi soir en se rendant auprès de SDF à Paris.

"François Fillon, c'est ce que j'appelle un libéralisme social, pas un social-libéralisme", commente l'eurodéputé Alain Cadec, l'un de ses soutiens.

Laurent Wauquiez, qui a accompagné le candidat durant une partie de sa visite dans l'Ain mais n'a pas assisté au meeting, a salué ces engagements en rentrant temporairement dans le rang : "Il n'y a pas de place pour des frondeurs, des gens qui joueraient perdant, l'objectif est qu'on emporte cette élection", a-t-il dit à des journalistes.

(Sophie Louet)

reuters.com

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