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Fillon visé par une enquête sur des soupçons de népotisme

reuters.com

Publié le 25 janvier 2017 à 16:14 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 02:55

Fillon vise par une enquete sur des soupcons de nepotisme

Fillon vise par une enquete sur des soupcons de nepotisme

© Jean-Pierre Amet / Reuters

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18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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BORDEAUX (Reuters) - Le Parquet national financier a ouvert mercredi une enquête pour détournement de fonds publics après les révélations sur des emplois présumés fictifs de l'épouse de François Fillon, plongeant la campagne du candidat de la droite dans la crise.

Selon le Canard enchaîné, Penelope Fillon, qui a toujours revendiqué distance et discrétion dans la carrière politique de son mari, a été rémunérée huit ans comme attachée parlementaire par François Fillon puis son suppléant à l'Assemblée nationale, et pendant 20 mois par "La Revue des deux mondes".

L'hebdomadaire satirique, paru mercredi, dit cependant n'avoir guère trouvé trace de ses activités.

Le Parquet national financier (PNF) a annoncé mercredi avoir ouvert une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics et abus de biens sociaux à la suite de ces révélations. L'enquête a été confiée à l'Office central de lutte contre les infractions financières et fiscales (OCLCIFF).

François Fillon a réagi à cette annonce du PNF en notant dans un communiqué que le PNF avait agi avec célérité.

"Cette décision particulièrement rapide permettra de faire taire cette campagne de calomnie et de mettre un terme à ces accusations dénuées de tout fondement", a-t-il dit en s'étonnant "que des faits aussi anciens et légaux fassent l'objet d'une telle campagne, à trois mois du premier tour de l'élection présidentielle".

Dans la matinée, il avait évoqué une campagne politique.

"Je vois que la séquence des boules puantes est ouverte. (...) Je suis scandalisé par le mépris et la misogynie de cet article", a dit à la presse François Fillon à Bordeaux, où il a affiché sa réconciliation avec Alain Juppé, son adversaire malheureux du second tour de la primaire de la droite.

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"Alors parce que c'est mon épouse, elle n'aurait pas le droit de travailler? Imaginez un instant qu'un homme politique dise d'une femme, comme le fait cet article, qu'elle ne sait faire que des confitures, toutes les féministes hurleraient."

"GROS PROBLÈME POLITIQUE" POTENTIEL

Les analystes estiment que cette affaire n'aura dans l'immédiat qu'un impact modéré mais qu'elle pourrait devenir un problème politique dans la campagne de François Fillon.

"Il y a une très grande attente de probité en France et la dimension honnêteté est centrale dans les raisons de sa victoire à la primaire de la droite", explique Jean-Daniel Lévy, de l'institut Harris Interactive.

"Si ça remet en cause la sincérité de son discours, ça peut être pour lui un gros problème politique."

Les opposants de l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy l'ont sommé de s'expliquer sur ce dossier.

"On ne peut pas dire qu'on est le candidat de l'honnêteté et de la transparence et ne pas être en capacité de répondre à ces sujets", a déclaré sur France Inter l'ex-Premier ministre socialiste Manuel Valls, candidat à l'investiture de gauche.

L'équipe du candidat s'est mobilisée depuis mardi soir pour opposer aux interrogations et critiques des explications parfois maladroites sur le rôle de l'épouse de François Fillon.

Le coordinateur de campagne du candidat, Bruno Retailleau, et son porte-parole Thierry Solère ont dénoncé une tentative de "salir" et d'"abîmer" le favori de la présidentielle dans les sondages. Ils ont défendu "un homme honnête" et "droit".

"Mme Penelope Fillon a travaillé avec son mari quand il était parlementaire? Oui, comme beaucoup beaucoup de femmes et d'hommes qui travaillent avec leur conjoint en tant que parlementaire", a dit son porte-parole Thierry Solère sur RFI.

"Elle est élue dans la Sarthe et ça fait des années et des années, elle qui est diplômée en droit notamment, qu'elle accompagne François Fillon dans sa carrière politique", a-t-il ajouté, assurant que ses emplois n'étaient en rien fictifs.

Penelope Fillon, née en 1956 au Pays de Galles, a pris la relève de son époux en mars 2014 au conseil municipal de Solesmes (Sarthe), fief électoral de François Fillon où la famille possède un manoir. Elle se présente pour son premier mandat électif comme "femme au foyer".

Elle s'est discrètement impliquée dans la campagne pour la primaire en tant que marraine du mouvement "Les femmes avec Fillon", qui défend les mesures du candidat en faveur de l'égalité entre les femmes et les hommes.

UNE PRATIQUE LÉGALE MAIS CONTESTÉE

En octobre dernier, elle déclarait dans Le Bien public, en marge d'un déplacement en Côte-d'Or : "Jusqu'à présent, je ne m'étais jamais impliquée dans la vie politique de mon mari".

"Elle est compétente, elle est diplômée de droit, de Lettres, elle est élue sarthoise", a défendu Bruno Retailleau sur LCI, regrettant que "le prisme parisien" ne prenne pas en compte son engagement "au coeur du territoire sarthois".

Le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux et Benoît Hamon, favori pour le second tour de la primaire à gauche, ont souhaité que l'emploi de parents comme attachés parlementaires, pratique légale en France, soit dorénavant interdite.

Au 1er janvier, 16% des députés (environ 90) employaient des proches, a précisé à Reuters le parlementaire socialiste René Dosière, grand pourfendeur du mauvais usage des deniers publics, pour qui il n'y a pas là de quoi crier au scandale.

"Il s'agit d'emplois familiaux. L'Assemblée a codifié cette pratique, explique-il. Selon lui, il n'est "absolument pas possible de contrôler" si ce sont des emplois fictifs ou non.

La présidente du Front national Marine Le Pen, visée par une enquête sur l'emploi présumé abusif de deux assistants au Parlement européen, alors qu'ils auraient essentiellement travaillé comme permanents pour le FN, a refusé pour sa part d'entrer "dans cette politique des boules puantes."

"Je ne suis absolument pas embarrassée, je suis victime d'une injustice absolument totale", a-t-elle dit sur Europe 1.

(Sophie Louet avec Dominique Vidalon et Claude Canellas à Bordeaux, Chine Labbé et Simon Carraud à Paris, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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